vendredi 1 novembre 2019

Ignorance et croyance

Bonjour.

Voici une petite réflexion qui s'intéresse au lien entre ignorance et croyance.

L’ignorance est le terreau de la croyance… En tant qu’humains, on ne supporte pas qu’il n’y ait pas d’explication. L’inconnu nous est inconfortable. Ainsi, face à quelque chose qu’on ne peut pas expliquer par la logique, on imagine une explication, ne pouvant s’accommoder du mystère. La croyance commence là où s’arrête la connaissance. L’ignorance est le terreau de la croyance, que ce soit en une religion, ou en la science !
Cette dernière est bien trop grande pour être exhaustivement connue par un seul homme. Il est impossible de détenir en intégralité la connaissance de l’humanité. Cela implique la nécessité de croire en la science. La connaissance est la fin de la croyance. Ainsi, comme notre connaissance de l’univers est limitée, la croyance est-elle obligatoire ? Même en étant conscient de notre ignorance, il faut croire en la cohérence entre cette ignorance et notre connaissance. Un but noble à accomplir est de réduire cette croyance, ou du moins de la rendre la plus logique possible, la plus en adéquation avec nos connaissances, et donc avec la science.
On est entouré d’ignorance, de zones d’ombres. On connaît si peu de choses, à tous les niveaux d’existence, partout autour de nous… La réalité même nous est impalpable… On croit en notre existence et en ce qu’on voit, ce qu’on ressent. Finalement, même la persuasion de cette existence est ténue… Si on y réfléchie du moins, car la plupart des gens ne semblent pas se poser la question. C’est compréhensible, car il est difficile d’affronter la vérité : toute notre réalité semble reposer sur des bases chancelantes. L’évidence peut être trompeuse. Il est plus facile de vivre passivement, sans se poser de questions. Mais pour moi, si la réflexion est un fardeau, elle permet au moins de vivre activement dans notre réalité, donnant du sens à la vie, ou au moins l’espoir d’atteindre un plus haut niveau de sentience et de conscience.
Même si la connaissance repose sur la croyance (après tout, il faut croire que tout ce qu’on perçoit, que tout ce que l’on sait, que tout ce qu’on imagine être la réalité est vrai), il faut à tout prix chercher à approfondir cette connaissance, via la science, la philosophie et l’art, afin de limiter au maximum la croyance. Il faut être actif face à la réalité. Il faut se questionner, s’informer, s’instruire, et ainsi progresser.

J'ajouterais juste à ce texte une petite précision. Si la Science demande de la croyance, elle est très différente des religions. Elle repose avant tout sur les faits, et sur la réalité. Elle est empirique. Elle fonctionne avec la réalité. Elle cherche à expliquer l'univers, à révéler la vérité, et non à accommoder la vérité à une croyance. C'est en ça qu'elle est la source de savoir la plus fiable. 

L'imaginaire est essentiel

Bonjour.

Voici un texte qui traite de l'imaginaire, et de son importance pour la vie consciente.

L’imaginaire est essentiel. Il permet de faire face à la morosité de la réalité. Il permet de supporter notre vie.
Le constat est simple à faire. Il suffit de comparer notre vie à celle des imaginaires qu’on appréhende. Pour l’essentiel d’entre nous, nos vies ne sont pas palpitantes. Certes, le bonheur est accessible, à travers les petits plaisirs de la vie, la réalisation des désirs, voir l’épanouissement dans une passion. Mais il est indéniable que nous envions nos imaginaires. La vie est source de frustration. La réalité est dure et morne. Il faut se battre pour s’épanouir. Il s’agit certes d’une aventure, mais qui semble dénuée de sens. Nos imaginaires sont colorés, et gorgés d’aventures. Ils sont palpitants. Ils relèvent du rêve, et donc du fantasme. Ils présentent une version idéalisée de nos vies.
Se plonger dans un imaginaire, aussi sombre soit il, c’est s’égarer, c’est s’échapper, c’est s’évader. C’est fuir la réalité.
Qu’importe l’imaginaire, lorsqu'on y entre, on est le héro. On est au centre de l’histoire. L’aventure est rarement vaine, il y a toujours une leçon à tirer, on s’en sort grandi. Rien n’est plus faux pour la réalité.
La plupart d’entre nous ne sommes que des poussières égarées dans l’univers. Face à l’immensité, nous ne sommes rien. Nous sommes vains face au temps, face à l’infini, face à l’existence. Nous ne sommes à peine que des rouages d’une gargantuesque machine. Nous ne sommes qu’une goutte d’eau dans l’océan. Qu’un grain de sable dans le désert. Et pour la plupart d’entre nous, nous sommes insignifiants. Nous ne laisserons aucune trace dans l’histoire. Nous ne pouvons que prétendre nous battre pour notre survie, notre bonheur, et éventuellement celui de notre entourage proche. Nous sommes loin d’être au centre de l’histoire. Il y a rarement un autre aboutissement à la vie que la mort et l’oubli.
Ainsi, face à cette réalité vaine, l’imaginaire est un échappatoire. Il permet d’oublier notre condition futile, et permet de rêver. Même lorsqu’on imagine notre propre vie, on la fantasme, l’idéalise. Surtout, on revient au centre de l’histoire, là où on ne l’est jamais en réalité. On observe la réalité de notre point de vue interne, mais on n’incarne jamais le centre de l’histoire. On subit le destin, qui n’est que le déroulement de la réalité, dont on n’arrive même pas à appréhender la surface.
L’imaginaire est donc le moyen de survivre à la vie. S’il ne lui donne pas de sens, il permet au moins d’oublier pour un instant la futilité de l’existence.

Si je décris la vie, la réalité comme étant morose, elle est loin d'être dénuée de beauté. Comme je l'ai précisé avant, pas besoin de mythes et légendes pour trouver de poésie dans la nature. L'existence même est magnifique. Grâce à science, on peut lire et comprendre l'univers, source de beauté infinie. Malheureusement, notre réalité quotidienne est bien morne dans notre société actuelle, d'où l'importance de l'art, de l'imaginaire et de la capacité à voir la beauté cachée de la réalité. 

Attirance

Bonjour.

Voici le premier d'une série de 6 articles qui vous dévoilent les textes que j'ai écrit ce dernier mois. Ce premier texte traite de l'attirance.

Pourquoi ressent-on de l’attirance pour quelque chose ou quelqu’un ? Je vais énoncer quelques éléments de réflexion à ce sujet, sans tenter de répondre exhaustivement à cette question.

En effet, un des premiers points à souligner est la non universalité de l’attirance. La seule règle universelle de l’attirance est qu’il n’y a pas de règle universelle ! Les humains possèdent des psychés différentes qui entraînent donc des goûts et désirs différents, et donc des attirances différentes. Il peut être intéressant de se poser la question des causes possibles provoquant certaines attirances, comme le background culturel, social et familial. Je ne vais cependant pas entrer dans ce genre de réflexion loin de relever de mon domaine de compétences. La seule idée importante à retenir, comme point de départ, est le fait qu’on est tous attirés par des choses différentes.
Ainsi, je vais me focaliser sur quelques points précis, quelques parties du problème, en gardant en tête que le sujet est bien plus vaste que ce que j’aborde ici.
Il me semble intéressant de souligner qu’on ressent de l’attirance pour ce que l’on n’a pas. L’attirance est le désir d’une chose que l’on ne possède pas.
Un des sous-ensembles de ces choses que l’on ne possède pas est l’ensemble des choses que l’on ne peut pas posséder. Je vais donc dans cette modeste réflexion me focaliser sur l’attirance envers ce que l’on ne peux pas avoir. Il semblerait que l’impossible (ou du moins l’improbable, le difficilement possible) soit une source qui nourrit l’attirance des hommes. L’attirance est d’autant plus forte que l’est l’impossibilité d’avoir l’objet de notre désir. Cela vient peut-être du sentiment potentiel de puissance ressenti lorsque l’on parvient (ou parviendrait) à franchir cet impossible, et qu’alors on arrive à posséder notre objet de désir. Plus dure est la tâche, plus gratifiante est la récompense.
Il est intéressant de se questionner sur les raisons de cette attirance pour l’impossible. Une des formes de cette attirance est l’attirance pour l’interdit. Il semblerait que beaucoup d’humains se sentent attirés par la transgression. Briser l’interdit attire, l’humain aimant se sentir libre et puissant. Il y a une multitude d’exemples montrant l’intérêt des humains pour la transgression. Plein d’histoires et d’événements découlent de cette attirance pour des choses interdites.
Il faut alors se questionner sur la nature de cet interdit. Il peut s’agir d’interdits sociaux, l’attirance prenant ici par exemple la forme d’un amour entre deux personnes de castes sociales tellement différentes qu’elles rendent leur amour impossible au sein de la société. La pression sociale est telle que leur attirance est interdite, impossible, et que la réussite de l’union de ces personnes, de la concrétisation du désir de l’attirance, est une victoire improbable. Ce genre d’histoire passionne, mais semble appartenir au passé. S’il subsiste malheureusement des tabous et obstacles quant aux rangs sociaux des protagonistes, il ne s’agit plus d’interdits formels. Beaucoup d’attirances qu’on juge impossibles, interdites, sont simplement difficiles, rejetées, et au pire jugées immorales (ce qui pose la question du bien fondé de cette morale).
Ainsi, il est intéressant de se focaliser sur les interdits réels, qui correspondent à la loi. L’interdit devient l’illégal. La question de la morale revient. Les lois défendent-elles la morale ? Certaines lois sont-elles morales ? C’est un sujet vaste de réflexion.
En ce qui concerne l’attirance, dans un contexte sexuel, il est intéressant de se pencher sur les déviances sexuelles qui sont illégales. Un exemple évident de déviance sexuelle illégale permettant d’illustrer cette réflexion est la pédophilie. Comment expliquer l’attirance sexuelle de certaines personnes pour des enfants ? La transgression est-elle la seule explication ? Ou est-elle juste une conséquence d’une attirance bien plus instinctive ? Un pédophile est il attiré par un enfant car c’est un enfant, ou également car cela est interdit, et donc cet interdit l’excite ? Et pourquoi cela est-il interdit ? Imaginons que les relations sexuelles avec des enfants soient légales. Cela serait-il moral ? Il est clair que le consentement est la valeur clé permettant d’encadrer les actes sexuels et les déviances. Mais imaginons un enfant parfaitement conscient de ses actes, et consentant. Cela serait-il une déviance ? Notre dégoût et aversion pour la pédophilie répondent-ils à des impératifs instinctifs ou ne sont-ils que des conséquences de siècles d’histoire morale ? Il me semble essentiel de réfléchir à ces questions.

Quelles conclusions tirer de ces quelques éléments de réflexion ? Où voulais-je en venir ?
L’attirance touche à l’inconscient, à l’instinct. Cet inconscient se construit à partir du contexte social et culturel. Cependant, certaines attirances semblent contredire la morale de ce contexte, en titillant l’interdit, recherchant la transgression. Quelle est donc la part contextuelle dans l’attirance ? L’attirance n’est-elle qu’une construction culturelle, que ce soit dans le cadre de l’accepté que dans celui de l’interdit ?

Il est intéressant de noter que certaines attirances autrefois interdites permettent de faire évoluer la morale vers une acceptation plus juste des différences (je pense notamment à l’homosexualité).

Ces textes étant récents, je n'ai pas beaucoup de commentaire à y faire. Je manque de recul pour les approfondir. Je tiens cependant à préciser quelque chose au sujet de ce texte. Mon but n'est évidement pas de dédiaboliser la pédophilie. Je ne cherche aucunement à en réduire la gravité. Je l'ai juste pris comme exemple afin de réfléchir à la notion d'attirance. C'est un sujet sensible qui mérite de prendre beaucoup de précautions. Je ne vais donc pas répondre aux questions que posent ce texte, qui sont la base de réflexion intéressantes à mener. D'ailleurs, quel est votre avis à ce sujet ? 

dimanche 28 juillet 2019

Émotion musicale

Bonjour.

Comme le savez, la musique est vitale pour moi. Elle est au centre de mon être, et je ne vis que pour elle. Ainsi, il est normal que je réfléchisse à son sujet, essayant de mettre des mots sur les sensations qu'elle me procure. Le très court texte que je vous partage ici énonce un des aspects de la valeur sensible de la musique.

Je suis musicien. J’ai assez de bagage pour comprendre la musique, ou au moins pour théoriser beaucoup d’aspects de certaines compositions. J’ai accès à un certains degré d’abstraction musical.
Cependant, ce qui me touche en tant qu’auditeur puis en tant que musicien, c’est l’inconnu. Le fait de ne pas comprendre.
L’émotion est fondamentale en art. Si ce n’est pas systématique, il me semble qu’elle est quand même intimement liée à l’inconnu, l’impalpable. L’émotion peut venir de l’inconnu de la théorie, se laissant uniquement porter par  ce que l'on entend, sans être capable de « comprendre » ce qu’on entend (dans le sens d’abstraction selon la théorie musicale, car on peut comprendre une chanson sans cela, la musique étant le support d’un message, d’un sentiment, d’une émotion, d’une intention, etc). Une fois la théorie maîtrisée, l’inconnu subsiste. Même dans la théorie musicale, l’émotion vient de l’inconnu de l’interprétation… Voir même d’autres niveaux d’inconnus que je n’appréhende pas… Comme par exemple l’émotion que met l’artiste, le musicien, dans sa chanson, via sa composition, son interprétation…

Les plus belles choses sont celles qu’on ne comprend pas, qu’on ne peut analyser autrement qu’avec les émotions qu’elles nous provoquent !


Le principe de l'inconnu est essentiel pour moi. Il est lié à l'émotion, et c'est pourquoi il est si important en musique. Contrairement à ce que l'on peut penser, l'inconnu subsistera toujours. On peut savoir qu'une certaine suite d'accord provoque telle émotion. Mais on ne peut pas savoir pourquoi. C'est pourquoi la musique est et restera toujours pour moi "mystique" voir "magique". Elle transporte une sensibilité qui n'est pas explicable. Si elle est un support logique et cartésien, elle porte bien plus. Elle a une "âme". Ainsi, cette inconnue qu'est ce lien entre valeur  rationnelle et valeur sensible est fondamentale. Il confère un niveau supérieur de beauté. Il se cultive, et s'explore. Plus on acquiert l'une de ces deux valeurs, plus on est envoûté par la beauté profonde de ce lien. Les correspondances sont les plus belles choses de l'univers. Jamais la musique ne me sera démystifiée, car c'est sa nature même. 

Rébellion d'esprit

Bonjour.

Voici un court texte écrit récemment, qui dévoile un de mes traits de caractère. Il est important pour moi de verbaliser qui je suis au fond de moi, en opposition à ce que je laisse paraître.

J’ai toujours été un rebelle… Un rebelle d’esprit ! Pour être libre, et exister avec le moins de contraintes possibles, je me suis plié aux règles, me faisant discret. La stratégie est simple : ne pas se faire remarquer pour être tranquille. Mais je n’en ai jamais pensé moins ! Si je me fais discret, si je m’efface en société, mon esprit lui reste actif. J’ai toujours gardé mon esprit, mes pensées, mes convictions. Je me suis juste retenu de les exprimer à voix haute, afin d’éviter qu’on les maltraite… Je suis unique, seul, à part… Je suis une anomalie, un artiste… Je suis différent ! J’ai donc tout le potentiel dans cette société pour être rejeté et maltraité, ne serait-ce qu’incompris. J’ai depuis très longtemps le sentiment d’être seul contre tous, seul face au monde… Ainsi, la discrétion a été mon arme de prédilection, surtout que je n’aime pas le conflit. J’ai accepté de jouer le jeu, jusqu’à un certains point de rupture… Je m’adapte en apparence à la société, agissant comme elle le souhaite, mais en gardant mon esprit libre, rebelle… J’agis comme elle le voudrait, mais je ne pense pas comme elle le voudrait. Cette stratégie fonctionne jusqu’à un certains point, jusqu’au moment où je ne peux plus jouer à ce jeu sans mettre en danger mon esprit, et donc mon être. Je dois faire attention au moment où le jeu d’acteur commence à atteindre ses limites, au moment où le mensonge commence à prendre le pas sur la vérité… Je suis capable de dire stop au bon moment, je m’adapte pour mon salut… Je révèle un peu de moi pour changer de jeu, basculant d’un rôle social simulé à un autre, un brin plus sain. Je joue dans la société, car elle ne me conviendra jamais. Je sauve les apparences, je soigne la surface, acceptant ma différence mais la gardant pour moi. Je suis qui je suis, sans le montrer. J’ai accepté de jouer afin de gagner. Car malgré ces concessions, malgré ce jeu, je suis et serait toujours rebelle. Un rebelle d’esprit !


Je suis féministe

Bonjour.

Voici aujourd'hui un texte que j'ai écrit il y a quelques jours. Comme souvent, il traite d'un aspect de ma personnalité que je ne revendique pas. Je suis féministe, mais je ne le revendique pas. En effet, il s'agit d'une valeur tellement élémentaire pour moi qu'elle ne devrait pas nécessiter de questionnement. Malheureusement, comme je l'ai appris lors de mon adolescence, cette valeur n'est pas universelle. Ainsi, si le féminisme est naturel pour moi, il ne l'est pas pour tous. C'est d'autant plus complexe que cette valeur est souvent détournée de son vrai sens, d'où mon envie d'écrire le texte suivant:

Depuis ma plus tendre enfance, j’ai des valeurs qui sont immuables. D’aussi loin que je me souvienne, ces valeurs sont intrinsèquement liées à ma vision du monde. Elles viennent probablement du foyers dans lequel j’ai été élevé. Mais pour moi, elles représentent la vérité, la réalité morale. Une de ces valeurs phares est la tolérance. Pour moi, aucune différence entre les humains ne justifie une quelconque discrimination, que ce soit la couleur de peau, l’origine, l’identité de genre, l’orientation sexuelle, ou le sexe. Pour moi, on est tous qui on est et on a tous le droit d’être qui on est tel qu’on l’est. Aucune hiérarchisation n’est possible.
Ainsi, je suis profondément féministe. D’aussi loin que je me souvienne, l’égalité entre les hommes et les femmes était une vérité inaliénable. Avoir une conception différente n’était pour moi qu’un symptôme d’un manque d’intelligence ou d’une conviction morale déviante. Je parle au passé pour préciser que cette représentation morale a toujours fait partie de moi, mais elle est toujours vraie. Je suis toujours intimement convaincu de l’égalité entre les hommes et les femmes (ce qui est une simplification de la réalité). Je suis convaincu de l’égalité entre tous les êtres, ne serait-ce qu’humains.
Si j’écris ce texte, c’est pour clairement définir ma vision du féminisme, et la confronter à la complexité de notre monde et de notre société. Le féminisme est pour moi l’égalité entre les êtres humains sans distinction de sexe. Malheureusement, ce sens premier est bien souvent déformé.
Une des déformations qui me choque est l’utilisation du féminisme pour justifier un obscurantisme sexuel. Parler de la sexualité est souvent catégorisé comme une attaque contre les femmes. J’ai l’impression qu’aucun individu de sexe masculin ne peut parler de sexualité ouvertement sans se faire catégoriser de sexiste. Je le subis personnellement, en particulier à travers les paroles explicites de mon groupe de musique. Cela vient entre autres d’une mauvaise conception du désir sexuel. Avoir du désir envers une personne n’est en rien une insulte à l’égalité des sexes. Un homme a parfaitement le droit d’être attiré sexuellement par un femme. Ce n’est en aucun cas une attaque envers la liberté de chaque être, et encore moins une attaque envers l’égalité de tous les êtres. Deux variables doivent être analysées avant de conclure sur le caractère féministe ou non d’une relation ou d’une attraction sexuelle. La première, la plus évidente mais également la plus importante, est le consentement. Il est essentiel que les personnes impliquées dans une relation sexuelle soient consentantes. Malheureusement, cet aspect si important de la sexualité est souvent oublié. Pour moi, un des aspects du féminisme est l’acceptation des sexualités basées sur le consentement. On ne peut pas se dire féministe et en même temps dénigrer une femme qui aurait plusieurs partenaires sexuels. Une femme doit être libre de disposer de son corps comme elle le souhaite. Elle a le droit de le cacher ou de le montrer. Elle a le droit de profiter de la sexualité qui lui convienne. C’est la même chose pour tous les êtres. Il est malheureusement nécessaire de le rappeler. La deuxième variable à prendre en compte est la conceptualisation du partenaire sexuel, voir plus simplement du respect envers les autres êtres. Il faut traiter les autres êtres avec égalité et donc avec respect. Ainsi, il est évident qu’un homme qui considère sa partenaire comme un objet, de manière autocentré, ne se focalisant que sur son plaisir à lui, est sexiste. Mais si on considère ses partenaires sexuels comme des êtres nous étant égaux, dans toute leur complexité, alors il n’y a pas d’attaque envers le féminisme. Un homme peut être attiré sexuellement par une femme, sans la considérer comme un objet n’ayant que comme fonction de le satisfaire sexuellement. L’attraction sexuelle est bien entendu en premier lieu physique, mais ce n’est pas pour autant qu’il y a réduction de la personne désirée à son corps. C’est quelque chose de subtile qui échappe à beaucoup de personnes. Être attiré sexuellement par quelqu’un ne signifie pas qu’on la réduit à son corps. Cela signifie juste qu’on est attiré par son corps, et qu’on aurait envie d’une relation sexuelle avec cette personne (et pas uniquement avec son corps). Lorsque je suis attiré sexuellement par une personne, j’ai envie d’avoir une relation sexuelle AVEC elle. C’est la conceptualisation du sexe auquel je crois intimement. C’est pourquoi je la développe dans mes chansons. Certes, je parle de désir et d’attirance sexuels. Mais je considère tous les êtres, dont les femmes, comme des personnes, et non comme des objets de désir. Je suis pour la liberté sexuelle de chaque être, et pour que cette liberté s’exprime. La libération sexuelle, en particulier celle des femmes, est essentielle au féminisme. Pour moi, cela va de soit que chaque relation sexuelle doit être basée sur le consentement et le respect. C’est pourquoi je ne l’explicite pas forcément dans mes textes, car c’est pour moi une évidence, un background naturel. Ainsi, je conçois qu’une personne non attentive puisse penser que mes textes parlant de sexualité sont sexistes. Mais ces personnes se trompent, elles ne comprennent pas ma réelle vision des choses. Elles déforment mes intentions réelles, en greffant leur conception sur la mienne. Finalement, en voyant une attaque là où il n’y en a pas, je me demande si elles ne dénoncent pas une conception qui est finalement la leur, et non la mienne. Ainsi, dénoncer le sexisme là où il n’y en a pas peut même s’avérer sexiste. Si une personne dénigre mes textes prônant la liberté sexuelle, cette personne dénigre entre autres la liberté sexuelle des femmes, ce qui est clairement une atteinte au féminisme. Vouloir à tout pris censurer le sexe est une atteinte au féminisme. Il faut juste éduquer à une conceptualisation du sexe qui soit féministe.
Le féminisme est un sujet complexe. Si le principe de base est simple, la réalité est entremêlée à d’autres problématiques inhérentes à notre société, rendant le combat féministe difficile. Les valeurs féministes sont souvent déformées ou détournées, au point que certaines causes sont autant voir plus sexistes que ce qu’elles combattent. La libération sexuelle est un exemple parlant. La complexité de l’image en est un autre. On vit dans un monde superficiel et capitaliste qui utilise le désir sexuel comme argument de vente. Le problème n’est pas que le corps féminin est utilisé comme un objet de désir servant à vendre un produit. Le problème est que le corps d’une personne soit utilisé comme un objet de désir servant à vendre un produit. Bien évidemment, il faut combattre un sexisme évident qui privilégie le corps féminin comme argument de vente. Mais pour moi, il faut avant tout combattre l’utilisation de l’image d’un quelconque individu à des fins mercantiles. Il est certes plus facile de combattre des symptômes que la cause réelle, et je soutiens ces combats. Il ne faut juste pas oublier le problème de fond. Et surtout, il ne faut pas mal diriger le combat, ce qui serait contre-productif (l’exemple le plus parlant étant encore une fois la libération sexuelle).

Je suis féministe, et je l’assume. Je suis intimement convaincu de mes valeurs d’égalité, de consentement et de respect. Je suis cependant conscient de la subtilité de leur application dans la société, ce qui nécessite une remise en cause constante, afin de se convaincre que je ne produise rien de sexiste malgré moi.

Ce texte dévoile beaucoup d'évidences pour moi. Mais j'ai appris que ce qui m'est évident ne l'est pas forcément pour tout le monde, d'où mon envie de les verbaliser. 

mercredi 5 juin 2019

Fin ?

Bonjour.

Lorsque j'ai commencé ce blog, j'avais une multitude d'écrits philosophiques décrivant ma vision du monde... Ne les ayant jamais partagé, j'ai décidé de les diffuser sur ce blog, à raison d'un article par semaine. 
En parallèle de cela, j'ai bien sûr continué d'écrire mes idées et réflexions. Je dois cependant avouer que je suis loin d'écrire un texte par semaine, la création étant loin d'être régulière. Ainsi, inexorablement, le moment où j'aurais partagé tous mes textes allait venir. 
Ce moment est enfin arrivé. Je vous ai partagé tous mes écrits à ce jour.
Est-ce pour autant la fin de ce blog ? 
Non, car je ne compte pas m'arrêter d'écrire ni de penser. Ainsi, si le rythme d'un texte par semaine s'arrête, je continuerai de vous partager toutes mes réflexions écrites, au gré de leur création. 

A très vite j'espère...