Affichage des articles dont le libellé est Musique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Musique. Afficher tous les articles

mercredi 17 novembre 2021

La puissance de la musique

 Bonjour.

Voici un texte que je viens tout juste d'écrire. Je n'ai malheureusement pas le temps en ce moment de plus développer mes idées, ce qui fait que je n'arrive pas dans ce texte à pleinement exprimer mon ressenti. C'est également pour cette raison que je ne vais pas commenter ce texte. 

La musique est la plus magique forme d’Art, car c’est celle qui est la plus éloignée de la Nature.

En effet, la musique est la principale forme d’Art qui passe par la perception sonore. Je vais ici la comparer aux formes d’Art visuelles, afin de rester dans l’optique de l’Art à travers les perceptions sensorielles. J’exclue donc de mon analyse les Arts des mots et des contes, qui font avant tout appel à l’imagination.

Pour moi, la musique est une forme d’Art particulièrement émancipée de la réalité de la Nature. Bien sûr, cet Art s’appuie sur des éléments concrets de l’existence, principalement le rythme des ondes sonores dans le temps et la fréquence de ces ondes. Cependant, la musique transcende ces blocs de départ. Si elle prend sa source dans la Nature, elle en est maintenant éloignée, émancipée. J’ai la sensation que les Arts visuels s’appuient bien plus sur le concret, le réel, ce qui existe à l’état naturel. Même les œuvres psychédéliques s’appuient sur des couleurs et formes qui peuvent se retrouver dans la conception classique de la Nature. L’écrasante majorité des Arts visuels font appel à des visualisations qu’on peut retrouver ou du moins concevoir dans nos perceptions quotidiennes et réelles.

J’ai du mal à retranscrire ce que je ressens réellement. Bien sûr, les Arts visuels comme la musique sont basés sur des blocs de réalité qui sont ensuite utilisés pour bâtir quelque chose d’autre, de bien plus grand. Mais j’ai l’impression que la musique est bien plus émancipée de l’état naturel des choses. Même une peinture qui ne représente pas la réalité s’appuie sur des perceptions visuelles qu’on peut facilement retrouver dans la réalité. La musique la plus simple est elle issue d’un assemblage de son qui est difficilement retrouvable à l’état naturel. Cela vient très probablement du fait que notre sens principal est la vue, d’où sa difficulté à s’émanciper de la réalité, contrairement à l’ouïe.

Une autre explication de ce ressentie est probablement la forme très abstraite et mathématique de la Musique. Si c’est la forme d’Art qui me touche le plus, c’est probablement parce qu’au delà de son aspect émancipée de la réalité, elle lie le sensible à la logique. Elle est une augmentation émotionnelle de la réalité, un univers parallèle à part entière, une véritable magie.

vendredi 24 septembre 2021

My heart beats with the tempo of the drums

 Bonjour.

Aujourd'hui, voici une réflexion particulièrement autocentrée ! Cette introspection sur un aspect particulièrement précis de ma vie ne vous intéressera peut-être pas, mais j'ai quand même voulu vous la partager. 

Dans mes chansons, j’utilise souvent la phrase « My heart beats with the tempo of the drums » (mon cœur bat avec le tempo de la batterie). Cette phrase permet de décrire mon amour de l’instrument, et de la musique en général. Elle montre à quel point la musique est importante pour moi, à quel point ma vie en dépend, à quel point je suis en phase avec elle. Cependant, cette phrase signifie même plus que cela.

En effet, cette phrase s’inspire d’une réelle observation : lorsque je joue de la batterie, les battements de mon cœur semblent s’aligner sur le tempo de la musique que je joue. Je suis réellement en phase avec la musique. Il semblerait que j’ai un ressenti biologique du tempo. Je fais réellement corps avec la musique.

Cette observation est intéressante, car elle initie des explications passionnantes quant à certains aspects de mon interprétation musicale, et de ce que je ressens en jouant.

En concert, j’accélère très souvent le tempo. Avec l’excitation du live, mon corps doit sécréter de l’adrénaline, ce qui fait que mon cœur doit battre plus vite, et donc que j’accélère naturellement le tempo, vu que ces deux battements sont liés pour moi.

Ce phénomène est encore plus passionnant que de prime abord car je n’ai pas pleinement conscience que j’accélère le tempo en concert. Je peux ressentir de la fatigue et de la difficulté à jouer, mais je ne ressens pas que cela vient du fait que je joue bien plus vite que d’habitude. En effet, j’ai l’illusion que je joue au même tempo que d’habitude, pas plus vite, comme si le temps ralentissait autour de moi.

Cette observation permet donc de se questionner quant à notre perception du temps, potentiellement liée au rythme cardiaque. Notre temps vécu dépend-il de notre rythme biologique ? C’est en tout cas ce que je ressens en jouant de la batterie : lorsque mon rythme cardiaque s’accélère à cause de l’excitation du live, j’ai une perception du temps accélérée, comme si la seconde passait plus lentement. Peut-être que lorsque le rythme cardiaque est rapide, on est plus alerte, et donc le temps semble plus lent. Il ne s’agit cependant pas de la même illusion que lorsqu’on s’ennuie : dans ce cas, le temps semble lent car on le remarque, on y prête attention. Dans l’action, le temps semble plus rapide car on n’y pense pas. C’est d’ailleurs assez cocasse que ces deux illusions se mélangent pour moi en concert : le temps semble aller à toute allure, une heure semblant durer 15min, à cause de l’état d’excitation et de bonheur que je ressens dans ces moments là, alors que je joue vite, comme si mon temps propre était plus lent, comme si j’avais une perception instantanée plus fine. Mon temps de l’instant ralenti, alors que mon temps de la durée s’accélère !

Quoiqu’il arrive, s’il y a une chose que ces perceptions signifient, c’est que je fais corps avec la musique, que je suis en phase avec la musique.

Pour moi, l’instinct est essentiel dans la musique. Si j’aime réfléchir a posteriori, comme je le fais dans ce texte, il est essentiel que l’interprétation musicale soit instinctive. Ainsi, cette observation du rythme cardiaque en accord avec le tempo rentre dans ce cadre de ressenti instinctif de la musique.

Un exemple particulièrement parlant de mon entrée en phase transcendantale avec la musique est le chanson Like you’ve bitten the Snake, chanson extrêmement importante pour moi vu qu’elle est totémique de mon être artistique. Le morceau est celui que j’interprète le plus bestialement, instinctivement, de part son côté sauvage fondamental. En live, je l’ai parfois joué beaucoup trop vite, probablement du à l’adrénaline du concert, et du fait que je me lâche complètement sur celui-ci, y libérant mon instinct bestial. J’ai récemment remarqué que lorsque je mets les bruitages d’intro du morceau (des bruitages de jungle sauvage), je respecte bien plus le tempo d’origine du morceau, collant plus à la version idéale de cette chanson. C’est comme si mon instinct avait besoin de ces bruitages pour entrer en phase avec le morceau, pour se connecter à lui, pour que ma transe ait le bon groove…

La musique est la chose la plus importante dans ma vie. Elle me passionne profondément, et me permet de me connecter à mon instinct animal. Je suis un être sauvage musical, un artiste chamane… Mon cœur bats en rythme avec le tempo de la batterie !


vendredi 29 novembre 2019

Point de rupture en musique

Bonjour.

Voici un texte que j'ai écris récemment. J'en suis relativement insatisfait, n'arrivant pas à exprimer et structurer mes sensations et émotions en ce qui concerne ce sujet très précis. Voici malgré le texte en question:

Il est très difficile de comprendre ses goûts. Pourquoi aime-t-on quelque chose ? Qu’est-ce qui provoque ce sentiment, cette sensation, cette émotion ? Il semble évident que nous n’ayons que très peu de contrôle sur nos ressentis sentimentaux. Nos goûts peuvent prendre appui sur notre histoire et notre background culturel, mais ils semblent venir de notre inconscient. Afin de mieux se connaître, il me semble donc intéressant de se questionner à ce sujet. Toute introspection est salutaire.
Dans ce texte, je vais me focaliser sur un point très précis de mes goûts musicaux. Je vais essayer de comprendre, ou de moins de décrire, pourquoi certaines œuvres musicales me touchent profondément. Pourquoi elles me donnent des frissons ? Pourquoi elles me provoquent tant d’émotions ?
Les chansons qui me donnent le plus de frissons à ce jour sont les suivantes : Black Diamond (Kiss), Manitoumani (-M-) et Pro Memoria (Ghost). Bien sûr, plein d’autres chansons ou extraits de chansons me donnent des frissons, ou du moins me plaisent beaucoup. Je suis un passionné de musique, élément central de ma vie. Ainsi, la musique est un élément fondamental de mon quotidien, et une source d’émotions variées et puissantes. Il est également important de préciser que ces émotions peuvent avoir des sources très variées dans la musique. Plein d’aspect de celle-ci peuvent m’émouvoir. J’écoute des musiques très différentes les unes des autres. Il est donc certains que plusieurs choses provoquent différentes émotions. Dans ce texte, je vais développer une seule source d’émotion.
En effet, une des caractéristiques de la musique qui me donne le plus d’émotions est le point de rupture. Il s’agit d’une sensation difficilement quantifiable. Pour moi, le point de rupture musical est atteint lorsque l’on sent que l’artiste s’approche de sa limite, qu’il la chevauche. Il est à deux doigts de craquer, on sent qu’il est au bout. Il est alors un équilibriste qui bascule. Va-t-il tomber, ou va-t-il réussir à se redresser ?J’adore cette sensation. J’aime que la musique soit fragile, que le musicien aille au bout, qu’il atteigne sa limite. J’aime avoir l’impression qu’il est proche de la rupture, que s’il continue, il va s’écrouler. J’aime la fragilité, la finesse, la subtilité. J’aime avoir l’impression que la musique est chancelante. J’aime croire que l’artiste se surpasse, quitte à être à la limite de la rupture. L’artiste va tellement loin qu’il est à la limite de jouer faux. La guitare d’Hendrix ou de Van Halen me donne cette impression, comme si elle dansait sur ce fil. Le jeu d’Eric Carr me paraît sauvage, comme s’il commençait une phrase rythmique sans savoir où aller, et qu’il se rattrapait en vol. J’aime ces jeux qui me donne l’impression d’une liberté absolue. L’artiste tente des choses, repoussant sa limite, et flirtant avec l’effondrement. Bien sûr, ces musiciens maîtrisent leur instrument, ils ne sont pas réellement en « danger ». Mais j’aime cette illusion, j’aime ressentir ce point de rupture. J’aime avoir l’impression que l’artiste atteigne sa limite, voir la dépasse. Je préfère souvent cela à des musiques bien plus rigides, rythmiquement et harmoniquement bien plus solides, mais du coup moins émouvantes, moins imprévisibles.
Bien sûr, il ne s’agit que d’un aspect de la musique, et je peux être touché par une multitude d’autres aspects. Mais le point de rupture du musicien est ce qui me donne le plus de frissons.


A bientôt.

vendredi 1 novembre 2019

Double existence émotionnelle de la musique

Bonjour.

Voici le dernier texte de cette série que j'ai écrit récemment. Il s'intéresse à la musique et à ses différents plans d'existence.

La musique est une expression personnelle. En tant qu’artiste, la musique est pour moi profondément intime. Elle est essentielle à ma vie. Je ne conçois pas mon existence sans la création artistique. Elle est nécessaire, ne serait-ce que comme catharsis. Elle m’aide à combattre mes démons en les emprisonnant sous forme d’art. Il s’agit presque d’un devoir cosmique. Il s’agit de mon rôle dans l’existence. Je dois créer, tel est le but de ma vie. Même lorsque je créé du divertissement, des mélodies légères aux paroles inoffensives, il s’agit d’expression personnelle. Je dévoile le plus profond de mon être, sans aucune pudeur. Je peux être grave ou léger, d’où les multiplicités de ton de mon art. La seule constante est la suivante : la musique que je compose est intime. Elle dévoile mes plus profondes pensées. Elle dévoile mon intimité. Elles sont le meilleur témoin de qui je suis réellement. Elle sont mon moyen d’expression. La musique que je créé est le support de mes émotions. C’est pourquoi la musique appartient avant tout à l’artiste : il s’agit de l’expression de ses émotions et de son être intime et profond.
Si je ne dévoile pas la plupart de la musique que j’écris (étant beaucoup trop prolifique pour concrétiser publiquement tout ce que j’imagine), il me semble indéniable que la finalité de l’art est d’être partagé. La scène est le but ultime de tout musicien. Il s’agit de dévoiler son art aux autres, et donc finalement de dévoiler son intimité profonde. Il s’agit d’exister tel que l’on est vraiment. Il s’agit de montrer aux yeux de la société ce qu’on est réellement. Ainsi, la scène est un partage d’émotions. La musique devient collective lorsque l’artiste la partage. Il dévoile et partage au monde ses émotions, en espérant qu’elles résonnent chez d’autres êtres. Il s’expose à vif. Si la musique est personnelle en tant qu’expression de la sentience de l’artiste, sa finalité est d’être collective en tant que partage d’émotions.

Il me semble que ce que je décris pour la musique est valable pour l’art en général. Je parle de la musique car c’est l’art principal que je pratique. Je vous dévoile donc mon point de vue subjectif d’artiste.
Il est cependant également intéressant que j’adopte aussi le point de vue de l’audience. Comme tout être, je suis confronté à la création d’autres artistes. Je peux donc témoigner du rôle réceptif dans le partage de l’art. Beaucoup d’œuvres artistiques (et particulièrement musicales) résonnent en moi. Ces créations me touchent émotionnellement, m’inspirent, et me dévoilent l’intimité d’autres artistes.
L’art est une communication. Le message est certes écrit par un expéditeur qui peut décider de le garder pour soi, mais c’est en étant reçu par un destinataire qu’il peut voir sa force décuplée. Malheureusement, tout message n’est pas forcément compris ni accepté par son audience…

A bientôt pour d'autres réflexions sur ce blog!

Transe musicale

Bonjour.

En tant que musicien, il m'arrive d'entrer en transe lorsque je joue de mon instrument. Je me suis donc intéressé à la question, aboutissant à ce court texte de réflexion. 

L’expérience que je ressens lorsque je joue de la batterie en concert est proche de la transe. Ce que je vis semble correspondre à cet état. Bien sûr, je ne ressens pas systématiquement cela. Les conditions doivent être optimales. Lorsqu’elle le sont, même lorsque je joue seul, je rentre dans un état particulier, faisant corps avec mon instrument, ne pensant plus, mais ressentant les choses. Ainsi, il me semble intéressant de réfléchir à ce qu’est cet état de transe, en particulier d’un point de vue subjectif. Je vais donc réfléchir à mon ressenti quant à cette transe musicale personnelle.

Pour moi, être en transe signifie être dans un état de conscience particulier. On ne pense plus, on ressent les choses. On dépasse sa conscience, afin d’atteindre son instinct. La pluralité des transes vient très probablement de la pluralité des instincts.
Il s’agit de ce que je ressens lorsque je me laisse aller en jouant de la batterie (n’hésitez pas à lire les textes où je décris plus en détails ces sensations). Pour moi, cet état de transe permet de me connecter à mon moi profond et essentiel, à mon instinct, et donc à ma place symbolique dans l’existence. Il est cependant intéressant de se questionner à ce sujet. Il peut sembler paradoxale d’atteindre un tel état instinctif à travers une activité culturelle et intellectuelle. C’est oublier le statut particulier de l’art, qui consiste à lier conscience et sentience. La logique tangible de l’art n’est que le support de la charge émotionnelle qu’il procure, d’où la possibilité de toucher à l’instinct via la rationalité.
En musique, la transe ne peut venir que de l’improvisation. Il faut cependant une solide base théorique afin de ne pas tomber dans la cacophonie. Il faut maîtriser la grammaire avant de chercher à écrire de la poésie. La connaissance instinctive du support permet justement cette transe. Le but pour atteindre la transe est de se dépasser, en improvisant. Il faut certes s’appuyer sur les règles, mais afin de les utiliser pour aller plus loin. Les règles font parties de l’instinct. Avant de bondir face à un danger, l’animal apprend à marcher. Plus on maîtrise le support théorique, mieux on peut le dompter. C’est en connaissant profondément un morceau de musique que je suis suffisamment à l’aise pour improviser dessus, et donc potentiellement atteindre un état de transe musicale. Même sans improviser, connaître un morceau au point de le graver dans mes muscles me permet de me laisser aller, de juste profiter du plaisir de jouer ce morceau, sans concentration intellectuelle. Je m’abandonne alors à la transe, laissant mon corps et mon instinct prendre le relais.

Et vous, ressentez-vous parfois ce genre d'état ? 

dimanche 28 juillet 2019

Émotion musicale

Bonjour.

Comme le savez, la musique est vitale pour moi. Elle est au centre de mon être, et je ne vis que pour elle. Ainsi, il est normal que je réfléchisse à son sujet, essayant de mettre des mots sur les sensations qu'elle me procure. Le très court texte que je vous partage ici énonce un des aspects de la valeur sensible de la musique.

Je suis musicien. J’ai assez de bagage pour comprendre la musique, ou au moins pour théoriser beaucoup d’aspects de certaines compositions. J’ai accès à un certains degré d’abstraction musical.
Cependant, ce qui me touche en tant qu’auditeur puis en tant que musicien, c’est l’inconnu. Le fait de ne pas comprendre.
L’émotion est fondamentale en art. Si ce n’est pas systématique, il me semble qu’elle est quand même intimement liée à l’inconnu, l’impalpable. L’émotion peut venir de l’inconnu de la théorie, se laissant uniquement porter par  ce que l'on entend, sans être capable de « comprendre » ce qu’on entend (dans le sens d’abstraction selon la théorie musicale, car on peut comprendre une chanson sans cela, la musique étant le support d’un message, d’un sentiment, d’une émotion, d’une intention, etc). Une fois la théorie maîtrisée, l’inconnu subsiste. Même dans la théorie musicale, l’émotion vient de l’inconnu de l’interprétation… Voir même d’autres niveaux d’inconnus que je n’appréhende pas… Comme par exemple l’émotion que met l’artiste, le musicien, dans sa chanson, via sa composition, son interprétation…

Les plus belles choses sont celles qu’on ne comprend pas, qu’on ne peut analyser autrement qu’avec les émotions qu’elles nous provoquent !


Le principe de l'inconnu est essentiel pour moi. Il est lié à l'émotion, et c'est pourquoi il est si important en musique. Contrairement à ce que l'on peut penser, l'inconnu subsistera toujours. On peut savoir qu'une certaine suite d'accord provoque telle émotion. Mais on ne peut pas savoir pourquoi. C'est pourquoi la musique est et restera toujours pour moi "mystique" voir "magique". Elle transporte une sensibilité qui n'est pas explicable. Si elle est un support logique et cartésien, elle porte bien plus. Elle a une "âme". Ainsi, cette inconnue qu'est ce lien entre valeur  rationnelle et valeur sensible est fondamentale. Il confère un niveau supérieur de beauté. Il se cultive, et s'explore. Plus on acquiert l'une de ces deux valeurs, plus on est envoûté par la beauté profonde de ce lien. Les correspondances sont les plus belles choses de l'univers. Jamais la musique ne me sera démystifiée, car c'est sa nature même. 

mercredi 17 avril 2019

Magie musicale et flou de perfection

Bonjour.

Voici cette semaine un texte essentiel qui explicite d'où vient pour moi la beauté de la musique, qui lit la rationalité aux sensations, créant une correspondance entre valeurs sensibles et réflexives... Ce lien quasi-mystique est ce qui donne un sens à l'existence, liant Nature et Univers, d'où l'importance de mener des réflexions sur le sujet.

La perfection absolue n’existe pas. Comme je l’ai exprimé dans d’anciens écrits, il est impossible de produire un mouvement absolument exact, correspondant à la volonté de l’esprit humain bien trop limité. Il y a trop de variables physiques que nous ne contrôlons pas. Ainsi, il est impossible d’être parfaitement précis. Si on pense un mouvement trop précisément, alors il est impossible de le faire. Finalement, un mouvement précis n’est qu’une idée de l’esprit, qui n’a pas d’existence réelle. De manière plus générale, la précision même est absurde, et n’est qu’un produit de l’esprit. L’idée d’une précision absolue, correspondant à un objet ponctuel, est absurde. Le monde est continu, et donc il n’existe aucun singleton, seulement des intervalles plus ou moins petits. Un mouvement absolument précis est impossible. Seulement, un mouvement possédant une certaine précision est possible. Selon la marge d’erreur, un mouvement peut être désigné comme parfait. Pas dans le sens de ponctuellement parfait, mais dans le sens de continuellement, en appartenance à un certains intervalle de précision.
Ce principe est fondamental dans l’art, et en particulier dans la Musique. La musique théorique est une conception de l’esprit humain qui en subit donc les règles. Ainsi, une musique théorique peut être conceptuellement parfaite. Sur le papier, la musique est absolue. Cependant, le flou de précision apparaît dans son interprétation. Le musicien, en l’interprétant, y glisse une multitude d’imprécisions due à la nature physique du mouvement. Jamais un musicien ne peut exécuter un mouvement parfait provoquant l’émission de la note et du rythme parfait. Chaque bribe de musique a ainsi une délimitation floue. La musique n’est elle aussi pas ponctuelle, mais continue. Ainsi, chaque interprétation d’une chanson théoriquement parfaite est enrichie des marges d’imprécisions des mouvements physiques en jeu.
Bien sûr, ces marges sont si fines qu’elles sont souvent imperceptibles. Vues de loin, elles donnent l’illusion de la perfection de l’interprétation musicale. Mais si on zoom, on se rend compte que par essence, chaque portion de musique interprétée est imparfaite. Chaque point est un rond. Ces minuscules variations entre la perfection théorique et la réalité donne l’essence même de l’art et de la Musique. C’est dans ces fluctuations imperceptibles que réside l’âme de l’artiste. C’est dans les imprécisions non prises en compte par la théorie que se trouve la magie de la Musique. Le mysticisme de la création artistique se trouve dans ce que ne peut pas comprendre et théoriser l’esprit humain, et donc dans ces infimes imperfections que ne peut pas comprendre l’Homme. Les musiciens, les artistes, qui sont conscients de la puissance de leur art, le savent : la beauté et la magie se trouvent dans l’interprétation, entre les lignes parfaites de la théorie. On peut dire quelle note jouer, mais sa beauté réside dans la façon dont elle est jouée.
C’est pour moi une évidence. Malheureusement, ça ne l’est pas pour tous. L’esprit humain cherche à façonner le monde selon sa vision, même si cette vision est erronée. Il cherche à atteindre la perfection théorique de son esprit. Cependant, il ne saisit pas que cette perfection illusoire est nocive. L’atteindre enlèverait toute beauté à la Musique. En effet, la beauté et le mysticisme viennent de variables que l’Homme ne comprend pas et ne théorise pas. En les supprimant, il supprime l’essence de l’art. Cela est confirmé par le fait que finalement, l’Homme ne trouve beau que ce qui suit les lois de la Nature, que ce qui a ce flou de précision. Certains outils modernes permettent à l’Homme d’approcher voir d’atteindre cette précision. Mais l’art produit est alors déshumanisé et froid. Il est théorique, pouvant être qualifié de parfait mais plus d’art.
Cependant, je ne prône pas un refus de l’exigence musicale, bien au contraire. Je suis convaincu que la perfection de la théorie musicale est bénéfique et un but à atteindre afin de se donner tout les moyens de s’exprimer à travers l’art. Il faut constamment travailler afin de progresser et de maîtriser son instrument ainsi que la théorie musicale générale. Plus on devient meilleur musicien, plus on peut artistiquement s’exprimer. Cependant, il ne faut pas chercher à artificiellement atteindre la perfection théorique. Tant qu’on restera humain, on interprétera correctement la musique. Pour moi, il faut refuser tout artifice, toute triche venant d’une machine. Il faut être honnête, sincère et authentique avec son art. Je pense par exemple qu’un instrument programmé sera toujours inférieur à un instrument interprété. Il peut décrire une théorie musicale peut être plus technique, mais l’art a été vidé de sa substance, car coïncidant alors avec la perfection froide de l’esprit humain. De même, je pense qu’il est malhonnête de tricher en corrigeant sur enregistrement ce qu’on joue par exemple. Il vaut mieux travailler dur jusqu’à avoir une interprétation parfaite (coïncidant avec les marges de perfection fixées par la théorie), car c’est seulement là que l’art sera total. Sinon, on déshumanise la musique, on la rend artificielle et non artistique. Si tout le monde ne le déteste pas (certains même aimant cette perfection absurde), cela se perçoit. Tricher avec l’art est malsain. L’art est exigeant et nécessite de travailler, mais c’est seulement ainsi qu’il est complet, n’en déplaise à l’Homme feignant. Le seul moyen préservant l’âme de l’art d’atteindre une marge de perfection infime est le travail de l’artiste, et non le recours à un artifice technologique.
L’art, et la musique, sont des objets mystiques, qui tirent leur force et leur magie des zones d’imperfections entourant les ponctualités de la théorie. Il faut conserver et préserver ces marges d’erreur imperceptibles dues aux lois de l’interprétation, afin de préserver l’âme de l’art et de la musique. C’est un combat idéologique que je mène, et que je mènerais toujours. Il en va de la préservation de ma raison de vivre : la musique.

Si ce texte est aussi engagé, c'est parce qu'il est issu d'un débat avec certains de mes compagnons de route. A ce jour, aucun argument n'a réussi à me faire changer d'avis, car aucun n'atteint le niveau philosophique que je décris ici. Les opinions que j'exprime ici reposent sur des années de réflexions, et sont issues d'une conceptualisation du monde personnelle et justifiée par des introspections poussées. Pour moi, il s'agit de la vérité, ce qui est d'autant plus renforcé par le fait que cette conception de la musique se base entre autres sur des concepts mathématiques profonds que j'ai étudié à un niveau universitaire. 

Qu'en pensez-vous ? 

mercredi 27 février 2019

Finalité artistique

Bonjour.

Voici cette semaine une introspection essentielle puisqu'elle s'interroge sur ma vision artistique des choses... La scène étant pour moi l'aspect le plus important de ma vie, la réflexion menée dans ce texte fut essentielle, afin de ne pas perdre certains aspects de ma raison de vivre!

La scène a toujours été extrêmement importante pour moi. Comme je l’ai très souvent écrit (modulo un vocabulaire plus exacte afin de ne pas entrer en contradiction avec ma théorie de l’Univers et de la Nature, que je n’emploie pas ici), il s’agit de ma place dans l’Univers et de mon rôle dans la Nature. Je suis né artiste, et jouer sur scène est donc ma raison ultime de vivre.
Cette vérité, si je l’ai toujours vécue, m’a été intimement confirmée lors du fameux concert de 2012 des Animalsss, qui est la singularité de ma vie artistique et philosophique, comme je l’ai déjà écrit. Ainsi, depuis ce jour, cette vérité a pris une place de premier plan dans ma vie et dans mes objectifs de vie. C’est devenu ma raison de vivre, et mon but ultime. Le plaisir que je ressens sur scène est le plus intense que je puisse ressentir, je suis fais pour ça. Tel est mon rôle, tel est la finalité de ma vie.
Ainsi, la scène est devenue pour moi le moyen de m’épanouir, d’être heureux, de ressentir le plus intense plaisir que je puisse ressentir. Cette idée a occulté toutes les autres conceptions que j’avais de la scène, et est devenue prédominante. Cependant, un concert récent a remis en perspective cette idée.
Il s’agit du concert que j’ai donné avec mon groupe actuel, les Därk Vipers, le 13/10/2018. Lors de ce concert, je n’ai pris aucun plaisir. En effet, trop préoccupé par mes responsabilités nouvelles (dues au nouveau métier que j’exerce, professeur), je n’ai pas réussi à me lâcher, à entrer dans la peau de mon alter-ego artistique, Eddie Snake. Comme si l’artiste que je suis était inexistant, ne subsistant que l’être humain qui lui sert d’hôte. D’autres éléments viennent ajouter des causes à cet état, comme du matériel de mauvaise qualité, et un contexte de compétition. Mais la conséquence est là : je n’ai ressenti aucun plaisir sur scène (si ce n’est ponctuellement), restant enfermé dans ma personnalité sociale et professionnelle. Cela a entraîné un cercle vicieux puisque je m’en suis voulu, déçu de ne pas avoir réussi à être qui je suis réellement, Eddie Snake, comme si mon investissement social et professionnel l’avait fait disparaître. Heureusement, des événements postérieurs (comme une répétition intense avec mon groupe, qui m’a redonné un plaisir artistique fort, ou encore une créativité jaillissante) m’ont rassuré, me montrant qu’Eddie Snake est toujours là et que malgré les concessions que je suis obligé de faire, malgré mon très profond investissement professionnel, il ne mourra jamais. Mais je m’éloigne du sujet.
Ce live a donc remis en cause le but ultime de la scène pour moi : la prise de plaisir. Il faut dire que depuis le fameux concert des Animalsss, si je ressens toujours du plaisir sur scène et que je ne remets pas en cause ma raison de vivre, le plaisir que je ressens me paraît bien moins intense. Peut-être est-ce parque mon esprit analyse trop les choses, les pense au lieu de les ressentir. Peut-être également est-ce le principe très connu de l’addiction: le premier shoot est le plus intense, et les suivant auront une intensité toujours décroissante, amenant à une insatiable envie de toujours plus. Mais je n’ai pas envie de croire en cette dernière hypothèse, déjà par son cynisme, et ensuite car je me souviens avoir ressenti un plaisir précurseur moindre avant le concert des Animalsss. Je ne peux réfuter cette hypothèse, qui me semble la meilleure, mais je préfère continuer à en chercher d’autres qui pourraient l’invalider. Comme par exemple les conditions plus ou moins confortable du live, la cohésion de groupe, mon état psychologique et émotionnel du moment, etc.
Cependant, ce concert des Därk Vipers a fait plus que bousculer l’idée que la seule finalité de la scène est pour moi la prise de plaisir. En effet, la quasi-totalité des retours que j’ai du public sont bons. Si j’ai l’impression d’avoir donné une prestation minable, les spectateurs eux ont passé un excellent moment, se sont amusés et divertis, et ont trouvé le concert très bon. J’ai alors été frappé d’une révélation : le vrai rôle de l’artiste, le vrai rôle d’un groupe de musique, est de divertir le public, de lui faire passer un bon moment, de lui faire plaisir. C’est une vérité absolue que j’avais perdu de vu. Enfant, c’était ma définition de la scène. Pour moi, un concert était avant tout un échange. L’artiste se donnait au public, qui lui rendait cet amour en l’acclamant. C’était ma conception de l’artiste tel que je l’étais, ou du moins que je voulais le devenir. Le secret de la scène était l’échange, un échange d’amour, de respect, d’admiration, d’énergie… Le public admire l’artiste autant que celui-ci l’admire. L’un n’est rien sans l’autre… Cette idée fondamentale, qui était ma conception profonde de l’artiste lorsque j’étais plus jeune, a été reléguée au second plan lorsque je me suis focalisé sur mon plaisir propre, après ce fameux concert de Animalsss… Obnubilé par des considérations égoïstes, par un épanouissement personnel, j’ai oublié le sens profond de la scène, et de la finalité du but de l’artiste. Le plaisir de la scène vient dans l’échange.
Ainsi, je ne renonce pas à ma quête du plaisir scénique, qui reste pour moi mon ultime raison de vivre. Mais je l’adapte à la vérité retrouvée de l’échange. Désormais, ce plaisir personnel que je recherche n’est plus le but ultime de la scène. Désormais, l’ultime but d’un concert est pour moi le plaisir du public, et l’échange, la communion avec lui. Et c’est uniquement comme ça que je pourrais ressentir ce qui me fais vivre : en m’ouvrant au public, en lui donnant tout, et non en l’occultant pour ne me focaliser que sur moi.
C’est une évidence qui est étayée par d’autres éléments : des moments de profond plaisir artistique viennent de la cohésion de groupe… C’est d’ailleurs lors de ces moments que j’ai énormément de plaisir, lorsque mes compagnons de scène et moi nous comprenons et jouons sans se parler, comme si on était reliés par un lien mystique… C’est quelque chose d’intime difficilement descriptible, mais qui est d’une intensité incroyable. Et c’est ce genre de lien que je dois retrouver avec le public…
Bien sûr, cette démarche vise à rétablir mon plaisir scénique, mon ultime raison de vivre. Mais plus encore, cette démarche rétabli mon intégrité artistique, me remettant dans le droit chemin : désormais, je suis au second plan, et mon but ultime en concert sera de satisfaire le public. Tel est le rôle final de l’artiste, rôle que j’avais perdu de vue, mais auquel j’ai toujours cru.
Ce rôle semble en contradiction avec certaines idées que j’ai approfondi quant à la condition d’artiste qui est la mienne. En effet, j’ai construit une conception de l’artiste hors de l’humanité, trop différent d’elle pour en être épanoui. Je crois toujours en cela. Cependant, je pense que le texte que je viens d’écrire précise au contraire cette conception de l’artiste torturé. Un artiste reste un être exceptionnel, une anomalie dans l’humanité par sa vision des choses différentes. Les humains ne pourront jamais comprendre les artistes. Mais ils peuvent les admirer. Plus encore, l’artiste, s’il ne peut être compris, peut au moins partager son art. Ainsi, il créé un lien avec l’humanité, qui lui permet de s’épanouir malgré sa différence. Il ne partage pas d’autres liens sociaux classiques, mais peut profiter d’autres liens.
Cette précision de l’artiste tel que je pense être est un bouleversement incroyable. J’ai renoncé aux humains, et au bonheur, me croyant condamné à vie à l’isolement… Mais je viens de retrouver un salut possible ! La scène est le vecteur de partage qui en plus de me donner mon rôle dans l’existence, me donne un rôle épanouissant dans l’humanité !
C’est une vraie révélation que je vis en écrivant ces lignes. J’ai l’impression que ma conception du monde change, gagnant un optimisme que je n’avais pas ressenti depuis longtemps ! J’avais écris vouloir me battre contre mon renoncement au bonheur… Je pense enfin avoir réellement gagné cette bataille ! Au plus profond de moi, ma vision des choses a changé… J’ai retrouvé un sens profond à ma vie, que j’avais plus jeune, mais que j’avais oublié…
J’espère que le prochain concert avec mon groupe confirmera toute cette réflexion !

Mise à jour : ce fameux prochain concert a plus que confirmé cette réflexion. En effet, j’ai réussi à me lâcher, à être Eddie Snake, et j’ai pris énormément de plaisir… Ce concert a également fait émerger une idée chez moi : le plaisir sur scène est lié à l’ensemble de communion qui a lieu. Le premier ensemble est bien sûr la cohésion entre le musicien et l’instrument, la batterie pour moi, qui est essentiel et que je n’avais pas lors du fameux concert évoqué dans ce texte (jouant sur une batterie qui n’est pas la mienne), d’où mon manque de plaisir probablement. Le deuxième ensemble, plus grand, est la cohésion du groupe, lorsque les membres jouent et se comprennent, font corps, sans se parler… Enfin, le troisième ensemble, plus grand, est la cohésion avec le public. Si les autres ensembles sont essentiels et sont vecteurs de plaisir, ce dernier permet d’atteindre un plaisir transcendantal. Et j’ai eu la chance de ressentir ce lien lors du concert des Därk Vipers du 10/11/2018, avec un public investi et participatif… J’ai donc retrouvé un plaisir sincère et fort, et j’ai pu être moi-même, Eddie Snake, ce qui a été aidé je pense par la réflexion menée en amont dans ce texte.
Ce texte me semble suffisamment précis pour ne pas avoir à le développer. Je rajouterais cependant quelques éléments. Le premier est le fait que plusieurs concerts ayant suivis son écriture ont confirmé ses hypothèses. Le deuxième est le fait que cependant, pris dans une vie compliquée, la révélation que je décris est atténuée, mes conceptions plus négatives refaisant surface aisément. Bien sûr, je travaille à rétablir la conception évoquée dans ce texte afin qu'elle devienne centrale. Mais pris dans de mauvaises habitudes, il est facile d'oublié cette conception rétablie, cette révélation, retournant à une vision ancienne plus négative du monde et des choses, catalysée par une vie humaine anxiogène. Enfin, le dernier élément de précision est une rapide analyse de ma déconnexion avec le public. Une conception que je n'avais pas enfant explique cela: ma haine des humains. En effet, une rupture avec ma pensée d'enfant est la prise de conscience que je n'étais pas humain, allant de pair avec mon dégoût pour cette espèce. Si je me sentais différent, il me semble que j'étais plus optimiste, pensant alors être intégré à cette espèce que je ne concevait probablement pas aussi mauvaise (j'avoue avoir du mal à m'en souvenir : aussi loin que je me souvienne, l'humain n'est pas uniformément positif - projette-je des conceptions actuelles ou avais-je déjà conscience de la complexité des humains qui implique que certains fassent le mal ?). Il est donc normal qu'en me déconnectant de l'espèce humaine, je me sois déconnecté du public dans ma conception de la scène... D'où la difficulté actuelle de me reconnecter avec lui, alors que c'est essentiel. 


mercredi 9 mai 2018

La musique comme métaphore de la Nature et de l'Univers

Bonjour.

Voici un très court texte filant et explicitant la métaphore de la musique et de la Nature. 

La musique est la métaphore parfaite de ma notion de l’Univers et de la Nature.
En effet, l’Homme cherche de plus en plus à comprendre la musique de manière mathématique et algorithmique. Il la rend abstraite et l’objective, enlevant son fondement : les sentiments. Ainsi, l’Homme cherche à comprendre la musique comme il cherche à comprendre l’Univers : de la mauvaise façon !
Mais la musique ne se comprend pas : elle se ressent. Un bon musicien joue à l’instinct, pour la beauté pure et naturelle de son art, pas pour ses correspondances mathématiques. Ainsi, l’Univers est comme la musique : l’Homme se trompe en voulant la comprendre mathématiquement au lieu de la ressentir par la Nature, par l’instinct.
C’est comme ça que je compose et joue. Je ne me contrôle pas, je laisse la Nature s’exprimer à travers mon instinct créatif et mon corps.


Dans ce texte, j'utilise principalement cette métaphore pour exprimer ma vision de l'Homme qui se méprend quant à la méthode de comprendre les choses et d'atteindre la vérité. Comme mes idées sur la place de l'Homme dans la Nature, ma vision de la création musicale a évolué. Ainsi, ce texte ne me parait plus d'actualité, ma vision des choses ayant gagné en maturité. La Science peut permettre de comprendre l'Univers, mais pour comprendre la Nature, il faut l'allier à l'Art et à la Philosophie. C'est ce que j'applique à ma façon de composer... 

Ce texte exprime cependant assez bien ma vision de comment je créé la musique: à l'instinct, et selon mes sentiments. Si de plus en plus, j'utilise la théorie musicale, je me base avant tout sur le feeling, et sur mes synesthésies. Ainsi, comme j'aime très souvent le répéter (s'il y a une citation que j'aimerais à jamais qu'on retienne de moi, c'est celle-là): "I don't think the music, I feel it. And it's the same for the Nature!"...