vendredi 24 septembre 2021

Ordre et chaos

 Bonjour.

Voici une réflexion que j'ai mené l'année dernière... 


La modeste réflexion suivante est basée sur une définition entropique du vivant qui m’est revenue à l’esprit récemment. Je n’ai pas fait de recherche préalable sur cette théorie avant d’écrire ce texte. Je ne peux donc pas garantir l’exactitude des détails que je vais donner dans ce texte, ni leur véracité. Je vais uniquement me baser sur ce que je crois comprendre et connaître de cette idée, qui n’est que le point de départ de cette réflexion, d’où la faible incidence de mon manque de discipline pour entamer ce texte.

L’entropie peut être vue comme un principe physique de l’univers, ayant un sens : celui de l’ordre vers le chaos. L’inerte est voué à se désagréger, à se dégrader, et à se disperser. Les êtres vivants sont distinguables de la matière inerte par leur propension à avoir une entropie négative : ils créent de l’ordre, ils vont à l’encontre du chaos.

Cette définition du vivant peut permettre de garder le sens commun de la vie dans mes théories philosophiques, là où mes définitions de la Nature et de l’Univers ne le faisaient pas, du moins pas à grande échelle (il est toujours possible de voir le vivant comme un sous-ensemble de ces deux entités, distinguable pas par essence dans le niveau de définition globale de mes théories, mais dans un sous-niveau de catégorisation : le vivant suit les mêmes lois que l’ensemble de la matière et de l’énergie dans l’Univers, mais possède des propriétés propres par rapport à d’autres sous-ensembles de matière et d’énergie). Cependant, ce texte ne va pas s’intéresser davantage à cela, mais plutôt à d’autres questions liées à la notion d’ordre, et donc par corollaire à la notion de chaos.

Qu’est-ce que l’ordre ? Pour se baser sur l’entropie pour définir le vivant, cette notion est fondamentale. Pourquoi un œuf, produit du vivant, nous semble plus ordonné qu’un tas de sable ? Un œuf semble ordonné jusqu’à ce qu’il explose et se disperse, le chaos apparaissant alors. De même, un verre, produit de l’homme et donc du vivant, est une structure ordonnée, qui suit l’entropie en se brisant. C’est en créant le verre à partir de sable chaotique que l’homme va à l’encontre du cours naturel de l’entropie, créant de l’ordre à partir du chaos.

Ainsi, l’ordre semble s’assimiler à des structures compactes, denses, à des agglomérats de matière. Le chaos est la dispersion de cette matière, d’une structure assemblée à désassemblée. L’ordre peut également contenir une notion de séparation : un litre d’eau chaude et un litre d’eau froide séparés sont plus ordonnés que deux litres d’eau tiède issue du mélange des deux eaux précédentes.

L’Univers tend à se disloquer, chacune de ses structures étant vouées à suivre l’entropie et donc à se déchirer, le vivant semblant peser peut dans la balance de l’intégralité de la matière de l’Univers.

Cette définition de l’ordre pose une nouvelle question : à l’échelle cosmique, une planète est un agglomérat relativement ordonné de matière, sa dissolution dans l’espace suite à un choc par exemple représentant le chaos. Cela signifie-t-il qu’une planète est vivante ? Ou du moins, qu’une entité vivante a créé cette planète ? La gravité est-elle une loi physique compensant l’entropie ? La définition du vivant par l’entropie doit se confronter à ces questions. Pour y répondre, il faudrait que j’étudie plus en profondeur la théorie de l’entropie négative, et que je progresse dans mes connaissances sur les lois physiques de l’Univers.



Les dangers de l'éloquence

 Bonjour. 

Je n'ai pas posté d'article sur ce blog depuis quelques temps. J'ai pourtant continué à écrire mes réflexions. Voici donc une série d'articles de rattrapages sur ce que j'ai pu écrire depuis un peu plus d'un an. Ces pensées étant récentes, il y a peu de chance que je les commente outre mesure. 

Il y a quelques temps, j’ai découvert le film Le Brio, qui place l’éloquence et la dialectique au centre de son intrigue. Un des propos qui m’a le plus marqué du film est le suivant : « ce qui compte c’est d’avoir raison, la vérité on s’en fout », « il s’agit d’avoir de l’argumentation, pas des convictions ». Pour paraphraser, il s’agit de convaincre son auditeur grâce à son argumentation, qu’importe le fond, l’idée qu’on défend, qu’elle soit vraie ou fausse, juste ou non, morale ou immorale.

Ce propos me choque, et me fait vivement réagir, d’où l’écriture de ce texte. Avant d’entrer dans le vif du sujet, je tiens à préciser qu’il s’agit d’un billet de réflexion, et non pour le coup d’une argumentation complète. Je n’ai pas pris le temps et l’énergie de faire des recherches approfondies sur le sujets. Je n’ai pas étudié en profondeur les techniques d’éloquence utilisées et évoquées dans le film, ni les réflexions de philosophes sur ce sujet.

Le propos de ce film, décrit plus haut, m’interroge quant aux limites de l’éloquence et de la dialectique. Elles sont bien évidemment essentielles à l’argumentation, la construction d’un raisonnement nécessitant des techniques. Cependant, leur utilisation à l’encontre de la vérité me semble dangereuse. Il ne faut pas que la forme convainc plus que le fond, qu’elle le dépasse. Le non respect de ce principe peut à mon sens fournir une explication à de nombreux maux de l’humanité. Pour moi, il est dangereux d’utiliser l’éloquence, la dialectique et l’argumentation afin de diffuser du faux, que ce soit involontairement, voir pire, dans un but de manipulation. Le vrai et le juste doivent toujours l’emporter.
Bien évidemment, ce ne sont que des outils et des techniques, sans valeur morale intrinsèque : elles peuvent être utilisées pour le bien comme pour le mal. Afin justement de s’armer au mieux pour résister à leur utilisation dans le cadre d’une manipulation, il vaut mieux chercher à les connaître et à les maîtriser. Il faut prendre conscience des manipulations qu’on peut subir, y compris ses propres biais.
Ce principe explique probablement pourquoi j’aime autant la Science, et en particulier les Mathématiques. Le vrai est au centre et l’argumentation ne peut pas l’éclipser. Dans ce contexte, elle ne peut pas se substituer à un raisonnement faux et ne peut pas être utilisée à des fins de manipulation. Une erreur reste une erreur, et ne doit pas être revendiquée et imposée à l’aide de l’argumentation, de l’éloquence et de la dialectique. Le vrai et le juste doivent l’importer. Le fond doit importer plus que la forme.



vendredi 6 mars 2020

Bilan du monde

Bonjour.

J'ai écrit le texte suivant il y a 5 jours. Bonne lecture!

Comment tirer le bilan du monde ? Il s’agit d’une question épineuse qui nécessite une réponse longue, complexe et argumentée. Je ne vais pas ici développer une telle réponse. Je vais seulement mettre par écrit quelques pistes de réflexions autour de cette question de bilan moral de ce qui existe.
La première chose importante il me semble est de préciser l’échelle de réflexion liée à cette question. Cherche-t-on à tirer le bilan de l’Univers ? De l’existence même ? Ou plus simplement de l’humanité ? Les réponses peuvent diverger en certains points selon ces différentes échelles de réflexion.
Il est également important de préciser ce que j’entends par tirer le bilan du monde. Il s’agit de déterminer s’il y a une prédominance du bien ou du mal. Il s’agit donc d’une réflexion morale.
Cette réflexion peut paraître vaine en ce qui concerne l’Univers. Comment définir le bien et le mal des atomes, de l’énergie, des forces physiques ? N’y-a-t-il rien de plus neutre ?
Si cette question semble vaine pour l’Univers, elle est immédiatement intéressante pour l’humanité. Il est alors nécessaire de définir le bien et le mal de ce point de vue là. Comme point de départ, je dirais que le bien est assimilable aux bonheurs et bien être des êtres humains. Si on part de là, il me semble relativement intuitif de considérer que le bilan moral de l’humanité penche irrémédiablement vers le mal. Des axes d’amélioration sont possibles, mais je ne vais pas ici entrer dans le détail et vous dévoiler mes convictions politiques.
En revanche, il est intéressant de généraliser cette idée à la nature (ici définie dans son sens commun, c’est à dire le monde du vivant tel que vu par la Science). Comment définir le bien et le mal dans la nature ? Un loup tuant un mouton peut représenter le mal pour le mouton, mais le bien pour le loup. Ainsi, on est face à une multiplicité des points de vue.
Une réponse satisfaisante est la notion d’équilibre. Le bien dans la nature est l’équilibre en son sein. La nature est une balance.
Cette idée de bien assimilable à l’équilibre est peut-être la clé afin de généraliser la morale. Peut-être que l’équilibre est le bien universel, qui peut servir de juge moral à tout ce qui existe. Voilà une réflexion passionnante à développer, que je ferais prochainement...

Comme précisé dans le texte, il ne s'agit ici que d'une sauvegarde d'idées non développées. Cette question de la morale étant passionnante, il est fort probable que je la développe lorsque j'en aurais le temps et l'énergie...

A bientôt!

dimanche 15 décembre 2019

Science et Réalité

Bonjour.

Voici aujourd'hui un texte que j'ai écrit il y a deux jours, traitant de la Science comme outil pour appréhender et comprendre la réalité.

Comment s’assurer qu’on peut comprendre la réalité avec des instruments de mesure venant de cette réalité ? Le moindre recul est impossible. On ne peut pas être extérieur à la réalité, afin de l’observer. Il s’agirait d’être omniscient, voir plus. On n’observe que ce qui est à notre porté. On fait parti de la réalité, notre matériel fait parti de la réalité, d’où un manque de recul potentiel qui m’interpelle, sans parvenir à pleinement le verbaliser.
Pourquoi la méthode scientifique est-elle valide ? Elle est empiriquement valide. C’est la meilleure méthode dont l’on dispose car c’est celle qui fonctionne le mieux. Mais qu’elle est sa validité théorique ? Existe-t-il des principes la validant définitivement ?
Comment arrive-t-on à mesurer l’infiniment petit (par exemple le boson de Higgs) avec des instruments forcément plus grossier ? Comment fonctionne de manière très précise un ordinateur, dans les moindres détails ?
Je me pose ces questions à cause de mon ignorance. Ce sont de vraies questions pour moi, qui me font presque douter de la Science. J’aimerais connaître les réponses, sachant qu’elles existent pour la plupart. Je ne les ai juste jamais étudiées en précisions, la plupart étant trop complexes pour moi. J’ai des notions de Science. Je connais certains aspects de l’informatique par exemple, comme l’algorithmique, la programmation ou encore la cryptographie. Mais il me manque l’intégralité du fonctionnement de l’ordinateur. Je sais ce qu’est un bit, mais j’ignore comment ce principe de base permet d’afficher un logiciel de traitement de texte sur un écran. Je connais plein d‘aspects d’un ordinateur, mais j’ai du mal à les relier, car je suis loin de tout connaître dans les moindre détails, je suis loin d‘avoir un modèle clair, concret et surtout exhaustif. La Science dans son intégralité me procure la même sensation.
Je ne remets pas en cause la Science. Je pointe juste le fait qu’elle me dépasse un peu, d’où mon envie, mon besoin de clarification.
J’ai un esprit critique. J’ai une approche sceptique de la réalité, étant quelqu’un de rationnel.
De part mon ignorance face à certains aspects complexes de la Science, je dois lui faire confiance, et non croire en elle, comme j’ai pu l’écrire avant. Elle n’est pas une croyance, elle est bien plus que cela : elle est la meilleure méthode pour comprendre la réalité.

Je voulais expliciter cette clarification de ma philosophie : la Science est le meilleur moyen d’atteindre la vérité. Je suis rationnel et cartésien. La philosophie est nécessaire, et poursuit le même but, explorant certains domaines qui échappent à la Science dure (la morale par exemple). L’art permet de réfléchir sur les émotions, et de les partager. Il fait réfléchir, c’est l’essentiel. Sur les émotions, certes, mais il ne consiste pas à se laisser uniquement guider par elles. On peut réfléchir sur elles a posteriori, afin d’évaluer leur légitimité, ce que j’essaie de faire. Il s’agit d’adopter une approche rationnelle de la subjectivité de l’art.

Je tiens à préciser que cela n’a rien à voir avec des croyances New Age empiriquement fausses voir absurdes et aberrantes. Jamais on ne devra détourner mes thèses comme cela. Mes définitions de la Nature et de l’Univers sont fondées sur la Science et la Philosophie. Elles permettent même d’aborder la notion d’émotions avec un raisonnement rationnel.
Je cherche uniquement la vérité, en m’appuyant sur la réalité factuelle. Si une de mes idées semble en contradiction avec la réalité, c’est soit que vous ne l’avez pas correctement comprise, soit que je me suis mal exprimé, voir que je me suis trompé.

Je dois reconnaître que ce texte développe peu les idées qu'il évoque. Il s'agit en réalité de notes rédigées, et non d'un réel essai de réflexion, d'où sa structure confuse. Il sert à cristalliser mes idées et opinions sur ce sujet, sans chercher à entre en profondeur, ce que j'espère faire prochainement.

A bientôt. 

vendredi 29 novembre 2019

Point de rupture en musique

Bonjour.

Voici un texte que j'ai écris récemment. J'en suis relativement insatisfait, n'arrivant pas à exprimer et structurer mes sensations et émotions en ce qui concerne ce sujet très précis. Voici malgré le texte en question:

Il est très difficile de comprendre ses goûts. Pourquoi aime-t-on quelque chose ? Qu’est-ce qui provoque ce sentiment, cette sensation, cette émotion ? Il semble évident que nous n’ayons que très peu de contrôle sur nos ressentis sentimentaux. Nos goûts peuvent prendre appui sur notre histoire et notre background culturel, mais ils semblent venir de notre inconscient. Afin de mieux se connaître, il me semble donc intéressant de se questionner à ce sujet. Toute introspection est salutaire.
Dans ce texte, je vais me focaliser sur un point très précis de mes goûts musicaux. Je vais essayer de comprendre, ou de moins de décrire, pourquoi certaines œuvres musicales me touchent profondément. Pourquoi elles me donnent des frissons ? Pourquoi elles me provoquent tant d’émotions ?
Les chansons qui me donnent le plus de frissons à ce jour sont les suivantes : Black Diamond (Kiss), Manitoumani (-M-) et Pro Memoria (Ghost). Bien sûr, plein d’autres chansons ou extraits de chansons me donnent des frissons, ou du moins me plaisent beaucoup. Je suis un passionné de musique, élément central de ma vie. Ainsi, la musique est un élément fondamental de mon quotidien, et une source d’émotions variées et puissantes. Il est également important de préciser que ces émotions peuvent avoir des sources très variées dans la musique. Plein d’aspect de celle-ci peuvent m’émouvoir. J’écoute des musiques très différentes les unes des autres. Il est donc certains que plusieurs choses provoquent différentes émotions. Dans ce texte, je vais développer une seule source d’émotion.
En effet, une des caractéristiques de la musique qui me donne le plus d’émotions est le point de rupture. Il s’agit d’une sensation difficilement quantifiable. Pour moi, le point de rupture musical est atteint lorsque l’on sent que l’artiste s’approche de sa limite, qu’il la chevauche. Il est à deux doigts de craquer, on sent qu’il est au bout. Il est alors un équilibriste qui bascule. Va-t-il tomber, ou va-t-il réussir à se redresser ?J’adore cette sensation. J’aime que la musique soit fragile, que le musicien aille au bout, qu’il atteigne sa limite. J’aime avoir l’impression qu’il est proche de la rupture, que s’il continue, il va s’écrouler. J’aime la fragilité, la finesse, la subtilité. J’aime avoir l’impression que la musique est chancelante. J’aime croire que l’artiste se surpasse, quitte à être à la limite de la rupture. L’artiste va tellement loin qu’il est à la limite de jouer faux. La guitare d’Hendrix ou de Van Halen me donne cette impression, comme si elle dansait sur ce fil. Le jeu d’Eric Carr me paraît sauvage, comme s’il commençait une phrase rythmique sans savoir où aller, et qu’il se rattrapait en vol. J’aime ces jeux qui me donne l’impression d’une liberté absolue. L’artiste tente des choses, repoussant sa limite, et flirtant avec l’effondrement. Bien sûr, ces musiciens maîtrisent leur instrument, ils ne sont pas réellement en « danger ». Mais j’aime cette illusion, j’aime ressentir ce point de rupture. J’aime avoir l’impression que l’artiste atteigne sa limite, voir la dépasse. Je préfère souvent cela à des musiques bien plus rigides, rythmiquement et harmoniquement bien plus solides, mais du coup moins émouvantes, moins imprévisibles.
Bien sûr, il ne s’agit que d’un aspect de la musique, et je peux être touché par une multitude d’autres aspects. Mais le point de rupture du musicien est ce qui me donne le plus de frissons.


A bientôt.

vendredi 1 novembre 2019

Double existence émotionnelle de la musique

Bonjour.

Voici le dernier texte de cette série que j'ai écrit récemment. Il s'intéresse à la musique et à ses différents plans d'existence.

La musique est une expression personnelle. En tant qu’artiste, la musique est pour moi profondément intime. Elle est essentielle à ma vie. Je ne conçois pas mon existence sans la création artistique. Elle est nécessaire, ne serait-ce que comme catharsis. Elle m’aide à combattre mes démons en les emprisonnant sous forme d’art. Il s’agit presque d’un devoir cosmique. Il s’agit de mon rôle dans l’existence. Je dois créer, tel est le but de ma vie. Même lorsque je créé du divertissement, des mélodies légères aux paroles inoffensives, il s’agit d’expression personnelle. Je dévoile le plus profond de mon être, sans aucune pudeur. Je peux être grave ou léger, d’où les multiplicités de ton de mon art. La seule constante est la suivante : la musique que je compose est intime. Elle dévoile mes plus profondes pensées. Elle dévoile mon intimité. Elles sont le meilleur témoin de qui je suis réellement. Elle sont mon moyen d’expression. La musique que je créé est le support de mes émotions. C’est pourquoi la musique appartient avant tout à l’artiste : il s’agit de l’expression de ses émotions et de son être intime et profond.
Si je ne dévoile pas la plupart de la musique que j’écris (étant beaucoup trop prolifique pour concrétiser publiquement tout ce que j’imagine), il me semble indéniable que la finalité de l’art est d’être partagé. La scène est le but ultime de tout musicien. Il s’agit de dévoiler son art aux autres, et donc finalement de dévoiler son intimité profonde. Il s’agit d’exister tel que l’on est vraiment. Il s’agit de montrer aux yeux de la société ce qu’on est réellement. Ainsi, la scène est un partage d’émotions. La musique devient collective lorsque l’artiste la partage. Il dévoile et partage au monde ses émotions, en espérant qu’elles résonnent chez d’autres êtres. Il s’expose à vif. Si la musique est personnelle en tant qu’expression de la sentience de l’artiste, sa finalité est d’être collective en tant que partage d’émotions.

Il me semble que ce que je décris pour la musique est valable pour l’art en général. Je parle de la musique car c’est l’art principal que je pratique. Je vous dévoile donc mon point de vue subjectif d’artiste.
Il est cependant également intéressant que j’adopte aussi le point de vue de l’audience. Comme tout être, je suis confronté à la création d’autres artistes. Je peux donc témoigner du rôle réceptif dans le partage de l’art. Beaucoup d’œuvres artistiques (et particulièrement musicales) résonnent en moi. Ces créations me touchent émotionnellement, m’inspirent, et me dévoilent l’intimité d’autres artistes.
L’art est une communication. Le message est certes écrit par un expéditeur qui peut décider de le garder pour soi, mais c’est en étant reçu par un destinataire qu’il peut voir sa force décuplée. Malheureusement, tout message n’est pas forcément compris ni accepté par son audience…

A bientôt pour d'autres réflexions sur ce blog!

La place de l'artiste dans la société

Bonjour.

Voici un texte traitant de la condition d'artiste.

Je me considère comme étant un artiste. Pour moi, il s’agit d’un façon d’être, et une façon de percevoir le monde. Personnellement, je pense être un artiste romantique. De ce que je sais de ce mouvement artistique, il semblerait que j’en partage la vision du monde, du moins en grande partie. Beaucoup des thèmes qui m’inspirent sont romantiques : le rêve, le fantastique, le mystère, l’amour, la mort, etc. La différence majeure entre le mouvement romantique et ma vision artistique est la suivante : le romantisme privilégie l’émotion à la raison. Si l’émotion a une place essentielle dans mon œuvre et dans ma façon de voir la vie, la raison est également importante. Pour moi, les deux sont liées et sont plus puissantes ensembles que hiérarchisées.
J’ai souvent évoqué ce qu’est la condition d’artiste pour moi. Bien évidemment, j’évoque avant tout la façon dont je perçois ma propre condition d’artiste, développant des réflexions subjectives. Il me semble cependant que ma conception de la condition d’artiste est en adéquation avec ce que vivent et ce qu’ont vécu d’autres artistes.
Pour moi, si la vie d’artiste est un don précieux, c’est aussi un fardeau. La création artistique est source d’angoisse. Être un artiste exige une conviction profonde. C’est une magnifique façon de ressentir et de penser le monde, mais c’est aussi une porte vers la folie et l’isolement. J’adhère à la condition d’artiste maudit, mais plus encore, d’artiste solitaire. Il est difficile, voir impossible de trouver d’autres humains comprenant ce que je ressens. Je me sens effroyablement seul dans ma façon de percevoir le monde. Avoir un don créatif unique est une bénédiction en soit, mais il s’agit d’une malédiction en tant qu’être social. Dans notre société moderne, la condition d’artiste n’est pas reconnue. L’artiste est au mieux inconsidéré, au pire moqué et rejeté pour ses différences.
Ainsi, pour survivre, un artiste doit faire des compromis avec sa nature profonde. Il doit s’intégrer à la société, et se forcer à être un humain à peu près comme les autres. Il doit travailler pour vivre. Ainsi, il sacrifie sa vie, sa raison d’être, sa nature profonde, afin de survivre dans notre société. Plus encore, il sacrifie son temps. Il ne vit donc pas pleinement la vie qu’il devrait vivre. Par essence, il est persécuté. Son existence n’est que frustrations.
Pour moi, la société devrait faire vivre les artistes. Un artiste devrait pouvoir se consacrer pleinement à son art et à son œuvre. Même le repos de l’artiste est salvateur pour sa créativité. Cependant, la société moderne conçoit une telle vie comme étant parasitaire. C’est du moins ce que je perçois personnellement.
Bien sûr, une société moderne permettant aux artistes de vivre ferait face à de nombreux abus. Beaucoup de gens se diraient artiste juste pour vivre sur le dos de la société. Il me semble difficile de prouver la nature profonde d’un artiste. C’est une façon d’être qui se ressent. Or, il est compliqué d’attester de la véracité des sentiments que confient une personne. Les humains mentent. Ainsi, un monde moderne prenant soin de ses artistes semblent n’être qu’une utopie.
Si les artistes méritent d’être mieux considérés, ce n’est peut-être pas ce dont ils ont besoin. La persécution et la survie sont des terreaux à émotions qui nourrissent la créativité. Un artiste maudit est un artiste profond, qui vit le monde intensément. Peut-être est-ce l’essence de la condition d’artiste que d’être socialement oublié. Peut-être que l’artiste n’en serait plus un s’il pouvait vivre pleinement dans la société, et ne plus être condamné à la survie.
Pour moi, un artiste est un guide, un être presque "supérieur" dans sa façon de voir le monde de manière sensible et rationnelle. Il s’agit du stade le plus avancée de conscience et de sentience de l’humanité, ne pouvant amener que progrès moraux et philosophiques. Il faut penser, il faut ressentir, il faut réfléchir, et se remettre sans cesse en question. Il faut progresser, s’améliorer, et se dépasser. Les artistes maudits, solitaires, torturés, sont plus que des guides. Ce sont des visionnaires.