mercredi 17 novembre 2021

La puissance de la musique

 Bonjour.

Voici un texte que je viens tout juste d'écrire. Je n'ai malheureusement pas le temps en ce moment de plus développer mes idées, ce qui fait que je n'arrive pas dans ce texte à pleinement exprimer mon ressenti. C'est également pour cette raison que je ne vais pas commenter ce texte. 

La musique est la plus magique forme d’Art, car c’est celle qui est la plus éloignée de la Nature.

En effet, la musique est la principale forme d’Art qui passe par la perception sonore. Je vais ici la comparer aux formes d’Art visuelles, afin de rester dans l’optique de l’Art à travers les perceptions sensorielles. J’exclue donc de mon analyse les Arts des mots et des contes, qui font avant tout appel à l’imagination.

Pour moi, la musique est une forme d’Art particulièrement émancipée de la réalité de la Nature. Bien sûr, cet Art s’appuie sur des éléments concrets de l’existence, principalement le rythme des ondes sonores dans le temps et la fréquence de ces ondes. Cependant, la musique transcende ces blocs de départ. Si elle prend sa source dans la Nature, elle en est maintenant éloignée, émancipée. J’ai la sensation que les Arts visuels s’appuient bien plus sur le concret, le réel, ce qui existe à l’état naturel. Même les œuvres psychédéliques s’appuient sur des couleurs et formes qui peuvent se retrouver dans la conception classique de la Nature. L’écrasante majorité des Arts visuels font appel à des visualisations qu’on peut retrouver ou du moins concevoir dans nos perceptions quotidiennes et réelles.

J’ai du mal à retranscrire ce que je ressens réellement. Bien sûr, les Arts visuels comme la musique sont basés sur des blocs de réalité qui sont ensuite utilisés pour bâtir quelque chose d’autre, de bien plus grand. Mais j’ai l’impression que la musique est bien plus émancipée de l’état naturel des choses. Même une peinture qui ne représente pas la réalité s’appuie sur des perceptions visuelles qu’on peut facilement retrouver dans la réalité. La musique la plus simple est elle issue d’un assemblage de son qui est difficilement retrouvable à l’état naturel. Cela vient très probablement du fait que notre sens principal est la vue, d’où sa difficulté à s’émanciper de la réalité, contrairement à l’ouïe.

Une autre explication de ce ressentie est probablement la forme très abstraite et mathématique de la Musique. Si c’est la forme d’Art qui me touche le plus, c’est probablement parce qu’au delà de son aspect émancipée de la réalité, elle lie le sensible à la logique. Elle est une augmentation émotionnelle de la réalité, un univers parallèle à part entière, une véritable magie.

vendredi 24 septembre 2021

Mission artistique

 Bonjour.

Voici une réflexion sur le rôle de l'artiste, ce qui est important pour moi vu que je me revendique artistique. 


Ma mission en tant qu’artiste est de lier le sensible à l’inerte, de montrer la beauté de l’existence. L’art tisse des liens entre le monde rationnel et « mystique ». Il montre la beauté de ce qui existe. Un tableau va par exemple vous faire ressentir des émotions pour ce qui n’est finalement qu’une combinaison de matière inerte, et qui ne représente qu’une image. Cette image peut être vue rationnellement que comme un ensemble de pixels agencés d’une certaine manière. Elle peut être vue pour ce qu’elle représente, que ce soit quelque chose de réaliste ou non. Ces façons de voir cette image sont rationnelles, elles décrivent l’œuvre de façon logique, la concevant comme un ensemble de données, ce qu’elle est intrinsèquement. On peut également analyser l’œuvre pour en tirer les messages symboliques de son auteur. Cela reste du domaine de l’Univers, de l’information, de la logique. Pour l’instant, on fait appel au rationnel. L’art tire sa beauté et son mysticisme du fait que ces éléments rationnels nous procure une émotion. Il lie rationnel et émotionnel. Pourquoi est-ce que cet enchevêtrement particulier de matière représente un système de donnés qui me procure une émotion ? Cette question rhétorique résume à elle seule le pouvoir quasi mystique de l’art. La musique peut s’analyser comme une suite de sons et de silences, qu’un assemblage de fréquences. Cependant, ces sons procurent de l’émotion. Ces émotions peuvent s’expliquer par un vécu culturel et une association des émotions à des souvenirs, mais cela ne suffit pas à en réduire la force de l’art à faire ressentir l’inerte. L’art nous fait ressentir le monde inerte.

De part mes synesthésies et mon sens artistique, je suis particulièrement sensible à ces correspondances entre monde inerte et sensible. Il s’agit de ma façon de percevoir et ressentir le monde. Je suis un artiste, et je vis dans ce monde avec mon regard d’artiste. Ainsi, ma mission d’artiste est de partager ma vision du monde. Bien sûr, une de mes missions premières en tant qu’artiste est le divertissement, qui reste important. Mais plus encore que de vous divertir, je dois vous instruire. L’enseignement de ma vision du monde à travers le divertissement est ma mission artistique. Même inconsciemment, je mets mon âme dans mes œuvres, et je vous partage donc ma vision du monde.

Cependant, un problème fondamental se pose et vient rendre cette mission difficile, si ce n’est impossible : les humains sont loin d’être tous assez ouverts d’esprit pour accepter une autre vision du monde que la leur. La majorité des humains manque cruellement d’intelligence et de tolérance. Même si le divertissement permet de contourner ce problème, et même si le hasard est un facteur clé de la réussite sociale et financière d’un artiste, il reste indéniable que fondamentalement, les artistes sont des êtres à part dans la société humaine. Ils sont différents, et donc rejetés.

Être artiste est autant un don unique qu’un fardeau pour vivre en société. En tant qu’artiste, je suis chanceux de percevoir et ressentir le monde tel que je le fais, mais je suis également seul. Cette solitude n’est pour moi qu’un faible prix à payer en comparaison du plaisir et de l’épanouissement que me procure l’art. Je regrette seulement devoir me battre pour ma survie au sein de la société, et donc de n’avoir que peu de temps pour vivre réellement et créer de l’art.


Evaluation du paradoxe de Fermi

 Bonjour.

Voici une réflexion qui s'intéresse à un fait scientifique, sans pour autant avoir la prétention d'en être une thèse. J'expose simplement ici des idées que je peux avoir sur certains sujets, ici le paradoxe de Fermi. 


Voici une idée de protocole d’évaluation du paradoxe de Fermi et de l’hypothèse des grandes distances interstellaires comme Grand Filtre.

L’idée de ce protocole est d’évaluer les probabilités qu’un système stellaire héberge une civilisation extraterrestre avancée, en fonction principalement de la distance de ce système par rapport au système solaire. Pour cela, il faut d’abord établir une carte stellaire tridimensionnelle.

Sur cette carte, on place une sphère dont le centre est la Terre, et dont le rayon est la moitié de la distance qu’on parcouru nos plus vieilles ondes électromagnétiques émises. Ainsi, les systèmes stellaires compris dans cette sphère sont peu probables d’y abriter une civilisation avancée, car sinon cette civilisation aurait eu le temps de recevoir nos ondes et de nous en renvoyer pour établir un contact.

On peut ensuite, pour chaque système de cette carte stellaire, évaluer la date de première émission d’ondes électromagnétiques d’une civilisation intelligente qu’on pourrait être sur le point de recevoir, cette date correspondant à la date actuelle moins la durée de voyage de ces ondes à travers l’espace, en fonction des déformations de l’espace-temps. Plus un système est éloigné, plus cette date est lointaine dans le passé, et donc plus la probabilité qu’on ai rien reçu mais qu’une civilisation ai pu se développer est forte.

Il est intéressant de mettre en opposition les données obtenues par les deux opérations précédentes.

Cette démarche compte bien sûr de nombreuses limites, comme l’environnement plus ou moins propice à la vie des différents systèmes stellaires. Cependant, elle peut être un moyen d’affiner les systèmes vers lesquels se concentrer dans la recherche passionnante d’une vie extraterrestre intelligente.


My heart beats with the tempo of the drums

 Bonjour.

Aujourd'hui, voici une réflexion particulièrement autocentrée ! Cette introspection sur un aspect particulièrement précis de ma vie ne vous intéressera peut-être pas, mais j'ai quand même voulu vous la partager. 

Dans mes chansons, j’utilise souvent la phrase « My heart beats with the tempo of the drums » (mon cœur bat avec le tempo de la batterie). Cette phrase permet de décrire mon amour de l’instrument, et de la musique en général. Elle montre à quel point la musique est importante pour moi, à quel point ma vie en dépend, à quel point je suis en phase avec elle. Cependant, cette phrase signifie même plus que cela.

En effet, cette phrase s’inspire d’une réelle observation : lorsque je joue de la batterie, les battements de mon cœur semblent s’aligner sur le tempo de la musique que je joue. Je suis réellement en phase avec la musique. Il semblerait que j’ai un ressenti biologique du tempo. Je fais réellement corps avec la musique.

Cette observation est intéressante, car elle initie des explications passionnantes quant à certains aspects de mon interprétation musicale, et de ce que je ressens en jouant.

En concert, j’accélère très souvent le tempo. Avec l’excitation du live, mon corps doit sécréter de l’adrénaline, ce qui fait que mon cœur doit battre plus vite, et donc que j’accélère naturellement le tempo, vu que ces deux battements sont liés pour moi.

Ce phénomène est encore plus passionnant que de prime abord car je n’ai pas pleinement conscience que j’accélère le tempo en concert. Je peux ressentir de la fatigue et de la difficulté à jouer, mais je ne ressens pas que cela vient du fait que je joue bien plus vite que d’habitude. En effet, j’ai l’illusion que je joue au même tempo que d’habitude, pas plus vite, comme si le temps ralentissait autour de moi.

Cette observation permet donc de se questionner quant à notre perception du temps, potentiellement liée au rythme cardiaque. Notre temps vécu dépend-il de notre rythme biologique ? C’est en tout cas ce que je ressens en jouant de la batterie : lorsque mon rythme cardiaque s’accélère à cause de l’excitation du live, j’ai une perception du temps accélérée, comme si la seconde passait plus lentement. Peut-être que lorsque le rythme cardiaque est rapide, on est plus alerte, et donc le temps semble plus lent. Il ne s’agit cependant pas de la même illusion que lorsqu’on s’ennuie : dans ce cas, le temps semble lent car on le remarque, on y prête attention. Dans l’action, le temps semble plus rapide car on n’y pense pas. C’est d’ailleurs assez cocasse que ces deux illusions se mélangent pour moi en concert : le temps semble aller à toute allure, une heure semblant durer 15min, à cause de l’état d’excitation et de bonheur que je ressens dans ces moments là, alors que je joue vite, comme si mon temps propre était plus lent, comme si j’avais une perception instantanée plus fine. Mon temps de l’instant ralenti, alors que mon temps de la durée s’accélère !

Quoiqu’il arrive, s’il y a une chose que ces perceptions signifient, c’est que je fais corps avec la musique, que je suis en phase avec la musique.

Pour moi, l’instinct est essentiel dans la musique. Si j’aime réfléchir a posteriori, comme je le fais dans ce texte, il est essentiel que l’interprétation musicale soit instinctive. Ainsi, cette observation du rythme cardiaque en accord avec le tempo rentre dans ce cadre de ressenti instinctif de la musique.

Un exemple particulièrement parlant de mon entrée en phase transcendantale avec la musique est le chanson Like you’ve bitten the Snake, chanson extrêmement importante pour moi vu qu’elle est totémique de mon être artistique. Le morceau est celui que j’interprète le plus bestialement, instinctivement, de part son côté sauvage fondamental. En live, je l’ai parfois joué beaucoup trop vite, probablement du à l’adrénaline du concert, et du fait que je me lâche complètement sur celui-ci, y libérant mon instinct bestial. J’ai récemment remarqué que lorsque je mets les bruitages d’intro du morceau (des bruitages de jungle sauvage), je respecte bien plus le tempo d’origine du morceau, collant plus à la version idéale de cette chanson. C’est comme si mon instinct avait besoin de ces bruitages pour entrer en phase avec le morceau, pour se connecter à lui, pour que ma transe ait le bon groove…

La musique est la chose la plus importante dans ma vie. Elle me passionne profondément, et me permet de me connecter à mon instinct animal. Je suis un être sauvage musical, un artiste chamane… Mon cœur bats en rythme avec le tempo de la batterie !


Compromis moral

 Bonjour.

Voici une réflexion morale sur une méthodologie de différenciation du bien et du mal, qui correspond à ma façon de conceptualiser cela. 

Dans un monde utopique, la justice serait irréprochable. Pour remplir cette mission, et donc accomplir son rôle de justice, elle devrait s’adapter à tous les cas particuliers. Chaque situation et chaque personne étant unique, même de manière infime, la justice devrait prendre en compte toutes les nuances et différences de chaque cas pour trancher, et ainsi aboutir au verdict le plus juste, le plus adapté au cas en question.

Malheureusement, la réalité ne permet pas de mettre en place une justice si adaptative. Notre justice humaine et institutionnalisée ne peut pas prendre en considération chaque nuance de chaque cas particulier. Ainsi, notre justice doit procéder à des généralisations. Elle doit suivre des principes généraux qui en garantisse le fonctionnement optimal. Ainsi, il est bon de la questionner régulièrement, afin de constamment l’améliorer, la dirigeant vers un idéal utopique peut-être inatteignable, mais au moins approchable.

C’est dans cet optique de compromis entre réalité et utopie que la justice doit composer. Elle doit s’appuyer sur des principes de généralisation garantissant la bonne mise en place de sa fonction. Pour moi, l’outil le plus sain et juste de généralisation est le suivant : il faut toujours chercher le moindre mal. La justice doit toujours trancher en faveur de ce qui sera le plus bénéfique au plus grand nombre, ou ce qui sera le moins pénible au moins grand nombre. Ainsi, chaque interdiction ou chaque légalisation , qui sont des généralisations sous forme de lois, doit suivre ce principe afin d’être le plus juste possible. Pour illustrer mon propos, voici deux exemples.

L’interdiction de la pédophilie, c’est à dire des relations sexuelles entre personnes mineures (moins de 18 ans) et majeures (plus de 18 ans), est une nécessité afin de garantir ce principe de moindre mal. Dans de rares cas très particuliers, il se peut que la pédophilie soit légitime, dans l’hypothèse d’un consentement mutuel sincère entre une personne mineure et une personne majeure. Cependant, l’entrave qu’est l’interdiction de la pédophilie pour ces cas particuliers n’est rien comparée aux dérives graves que pourrait amener sa légalisation. Une personne mineure peut attendre quelques années pour être majeure et pouvoir légalement coucher avec son partenaire. C’est une gène surmontable, là où l’autorisation de la pédophilie ouvrirait la porte à des pratiques bien plus malsaines, permettant d’abuser des personnes mineures, favorisant abus de mineurs et viols. Ainsi, le principe de moindre mal appliqué à la pédophilie amène à la conclusion que son interdiction générale est juste.

Les aides sociales sont une nécessité. Cependant, leur suppression est souvent sujette à débat, comme solution dans la lutte à l’abus de ces aides. Pourtant, ces abus d’aides sociales sont minoritaires. Il ne faut pas handicaper la majorité de ceux qui en profitent, et qui en ont réellement besoin. Les supprimer pour endiguer les quelques fraudeurs n’est clairement pas une solution juste. Ainsi, le principe de moindre mal indique qu’il faut poursuivre les aides sociales, que cette cause est juste.

Ces deux exemples illustrent l’application du principe de moindre mal dans le but de trancher de manière juste dans le débat moral. Il peut s’appliquer lorsqu’une généralisation est inévitable.

Notre société est loin d’être parfaite. Elle est très loin de suivre ce principe. Même si je suis de nature cynique, et que le présent semble me donner raison, j’ai toujours espoir qu’elle va s’améliorer, et se rapprocher de cet idéal de justice. L’avenir seul permettra de répondre à ces inquiétudes.



Ordre et chaos

 Bonjour.

Voici une réflexion que j'ai mené l'année dernière... 


La modeste réflexion suivante est basée sur une définition entropique du vivant qui m’est revenue à l’esprit récemment. Je n’ai pas fait de recherche préalable sur cette théorie avant d’écrire ce texte. Je ne peux donc pas garantir l’exactitude des détails que je vais donner dans ce texte, ni leur véracité. Je vais uniquement me baser sur ce que je crois comprendre et connaître de cette idée, qui n’est que le point de départ de cette réflexion, d’où la faible incidence de mon manque de discipline pour entamer ce texte.

L’entropie peut être vue comme un principe physique de l’univers, ayant un sens : celui de l’ordre vers le chaos. L’inerte est voué à se désagréger, à se dégrader, et à se disperser. Les êtres vivants sont distinguables de la matière inerte par leur propension à avoir une entropie négative : ils créent de l’ordre, ils vont à l’encontre du chaos.

Cette définition du vivant peut permettre de garder le sens commun de la vie dans mes théories philosophiques, là où mes définitions de la Nature et de l’Univers ne le faisaient pas, du moins pas à grande échelle (il est toujours possible de voir le vivant comme un sous-ensemble de ces deux entités, distinguable pas par essence dans le niveau de définition globale de mes théories, mais dans un sous-niveau de catégorisation : le vivant suit les mêmes lois que l’ensemble de la matière et de l’énergie dans l’Univers, mais possède des propriétés propres par rapport à d’autres sous-ensembles de matière et d’énergie). Cependant, ce texte ne va pas s’intéresser davantage à cela, mais plutôt à d’autres questions liées à la notion d’ordre, et donc par corollaire à la notion de chaos.

Qu’est-ce que l’ordre ? Pour se baser sur l’entropie pour définir le vivant, cette notion est fondamentale. Pourquoi un œuf, produit du vivant, nous semble plus ordonné qu’un tas de sable ? Un œuf semble ordonné jusqu’à ce qu’il explose et se disperse, le chaos apparaissant alors. De même, un verre, produit de l’homme et donc du vivant, est une structure ordonnée, qui suit l’entropie en se brisant. C’est en créant le verre à partir de sable chaotique que l’homme va à l’encontre du cours naturel de l’entropie, créant de l’ordre à partir du chaos.

Ainsi, l’ordre semble s’assimiler à des structures compactes, denses, à des agglomérats de matière. Le chaos est la dispersion de cette matière, d’une structure assemblée à désassemblée. L’ordre peut également contenir une notion de séparation : un litre d’eau chaude et un litre d’eau froide séparés sont plus ordonnés que deux litres d’eau tiède issue du mélange des deux eaux précédentes.

L’Univers tend à se disloquer, chacune de ses structures étant vouées à suivre l’entropie et donc à se déchirer, le vivant semblant peser peut dans la balance de l’intégralité de la matière de l’Univers.

Cette définition de l’ordre pose une nouvelle question : à l’échelle cosmique, une planète est un agglomérat relativement ordonné de matière, sa dissolution dans l’espace suite à un choc par exemple représentant le chaos. Cela signifie-t-il qu’une planète est vivante ? Ou du moins, qu’une entité vivante a créé cette planète ? La gravité est-elle une loi physique compensant l’entropie ? La définition du vivant par l’entropie doit se confronter à ces questions. Pour y répondre, il faudrait que j’étudie plus en profondeur la théorie de l’entropie négative, et que je progresse dans mes connaissances sur les lois physiques de l’Univers.



Les dangers de l'éloquence

 Bonjour. 

Je n'ai pas posté d'article sur ce blog depuis quelques temps. J'ai pourtant continué à écrire mes réflexions. Voici donc une série d'articles de rattrapages sur ce que j'ai pu écrire depuis un peu plus d'un an. Ces pensées étant récentes, il y a peu de chance que je les commente outre mesure. 

Il y a quelques temps, j’ai découvert le film Le Brio, qui place l’éloquence et la dialectique au centre de son intrigue. Un des propos qui m’a le plus marqué du film est le suivant : « ce qui compte c’est d’avoir raison, la vérité on s’en fout », « il s’agit d’avoir de l’argumentation, pas des convictions ». Pour paraphraser, il s’agit de convaincre son auditeur grâce à son argumentation, qu’importe le fond, l’idée qu’on défend, qu’elle soit vraie ou fausse, juste ou non, morale ou immorale.

Ce propos me choque, et me fait vivement réagir, d’où l’écriture de ce texte. Avant d’entrer dans le vif du sujet, je tiens à préciser qu’il s’agit d’un billet de réflexion, et non pour le coup d’une argumentation complète. Je n’ai pas pris le temps et l’énergie de faire des recherches approfondies sur le sujets. Je n’ai pas étudié en profondeur les techniques d’éloquence utilisées et évoquées dans le film, ni les réflexions de philosophes sur ce sujet.

Le propos de ce film, décrit plus haut, m’interroge quant aux limites de l’éloquence et de la dialectique. Elles sont bien évidemment essentielles à l’argumentation, la construction d’un raisonnement nécessitant des techniques. Cependant, leur utilisation à l’encontre de la vérité me semble dangereuse. Il ne faut pas que la forme convainc plus que le fond, qu’elle le dépasse. Le non respect de ce principe peut à mon sens fournir une explication à de nombreux maux de l’humanité. Pour moi, il est dangereux d’utiliser l’éloquence, la dialectique et l’argumentation afin de diffuser du faux, que ce soit involontairement, voir pire, dans un but de manipulation. Le vrai et le juste doivent toujours l’emporter.
Bien évidemment, ce ne sont que des outils et des techniques, sans valeur morale intrinsèque : elles peuvent être utilisées pour le bien comme pour le mal. Afin justement de s’armer au mieux pour résister à leur utilisation dans le cadre d’une manipulation, il vaut mieux chercher à les connaître et à les maîtriser. Il faut prendre conscience des manipulations qu’on peut subir, y compris ses propres biais.
Ce principe explique probablement pourquoi j’aime autant la Science, et en particulier les Mathématiques. Le vrai est au centre et l’argumentation ne peut pas l’éclipser. Dans ce contexte, elle ne peut pas se substituer à un raisonnement faux et ne peut pas être utilisée à des fins de manipulation. Une erreur reste une erreur, et ne doit pas être revendiquée et imposée à l’aide de l’argumentation, de l’éloquence et de la dialectique. Le vrai et le juste doivent l’importer. Le fond doit importer plus que la forme.



vendredi 6 mars 2020

Bilan du monde

Bonjour.

J'ai écrit le texte suivant il y a 5 jours. Bonne lecture!

Comment tirer le bilan du monde ? Il s’agit d’une question épineuse qui nécessite une réponse longue, complexe et argumentée. Je ne vais pas ici développer une telle réponse. Je vais seulement mettre par écrit quelques pistes de réflexions autour de cette question de bilan moral de ce qui existe.
La première chose importante il me semble est de préciser l’échelle de réflexion liée à cette question. Cherche-t-on à tirer le bilan de l’Univers ? De l’existence même ? Ou plus simplement de l’humanité ? Les réponses peuvent diverger en certains points selon ces différentes échelles de réflexion.
Il est également important de préciser ce que j’entends par tirer le bilan du monde. Il s’agit de déterminer s’il y a une prédominance du bien ou du mal. Il s’agit donc d’une réflexion morale.
Cette réflexion peut paraître vaine en ce qui concerne l’Univers. Comment définir le bien et le mal des atomes, de l’énergie, des forces physiques ? N’y-a-t-il rien de plus neutre ?
Si cette question semble vaine pour l’Univers, elle est immédiatement intéressante pour l’humanité. Il est alors nécessaire de définir le bien et le mal de ce point de vue là. Comme point de départ, je dirais que le bien est assimilable aux bonheurs et bien être des êtres humains. Si on part de là, il me semble relativement intuitif de considérer que le bilan moral de l’humanité penche irrémédiablement vers le mal. Des axes d’amélioration sont possibles, mais je ne vais pas ici entrer dans le détail et vous dévoiler mes convictions politiques.
En revanche, il est intéressant de généraliser cette idée à la nature (ici définie dans son sens commun, c’est à dire le monde du vivant tel que vu par la Science). Comment définir le bien et le mal dans la nature ? Un loup tuant un mouton peut représenter le mal pour le mouton, mais le bien pour le loup. Ainsi, on est face à une multiplicité des points de vue.
Une réponse satisfaisante est la notion d’équilibre. Le bien dans la nature est l’équilibre en son sein. La nature est une balance.
Cette idée de bien assimilable à l’équilibre est peut-être la clé afin de généraliser la morale. Peut-être que l’équilibre est le bien universel, qui peut servir de juge moral à tout ce qui existe. Voilà une réflexion passionnante à développer, que je ferais prochainement...

Comme précisé dans le texte, il ne s'agit ici que d'une sauvegarde d'idées non développées. Cette question de la morale étant passionnante, il est fort probable que je la développe lorsque j'en aurais le temps et l'énergie...

A bientôt!

dimanche 15 décembre 2019

Science et Réalité

Bonjour.

Voici aujourd'hui un texte que j'ai écrit il y a deux jours, traitant de la Science comme outil pour appréhender et comprendre la réalité.

Comment s’assurer qu’on peut comprendre la réalité avec des instruments de mesure venant de cette réalité ? Le moindre recul est impossible. On ne peut pas être extérieur à la réalité, afin de l’observer. Il s’agirait d’être omniscient, voir plus. On n’observe que ce qui est à notre porté. On fait parti de la réalité, notre matériel fait parti de la réalité, d’où un manque de recul potentiel qui m’interpelle, sans parvenir à pleinement le verbaliser.
Pourquoi la méthode scientifique est-elle valide ? Elle est empiriquement valide. C’est la meilleure méthode dont l’on dispose car c’est celle qui fonctionne le mieux. Mais qu’elle est sa validité théorique ? Existe-t-il des principes la validant définitivement ?
Comment arrive-t-on à mesurer l’infiniment petit (par exemple le boson de Higgs) avec des instruments forcément plus grossier ? Comment fonctionne de manière très précise un ordinateur, dans les moindres détails ?
Je me pose ces questions à cause de mon ignorance. Ce sont de vraies questions pour moi, qui me font presque douter de la Science. J’aimerais connaître les réponses, sachant qu’elles existent pour la plupart. Je ne les ai juste jamais étudiées en précisions, la plupart étant trop complexes pour moi. J’ai des notions de Science. Je connais certains aspects de l’informatique par exemple, comme l’algorithmique, la programmation ou encore la cryptographie. Mais il me manque l’intégralité du fonctionnement de l’ordinateur. Je sais ce qu’est un bit, mais j’ignore comment ce principe de base permet d’afficher un logiciel de traitement de texte sur un écran. Je connais plein d‘aspects d’un ordinateur, mais j’ai du mal à les relier, car je suis loin de tout connaître dans les moindre détails, je suis loin d‘avoir un modèle clair, concret et surtout exhaustif. La Science dans son intégralité me procure la même sensation.
Je ne remets pas en cause la Science. Je pointe juste le fait qu’elle me dépasse un peu, d’où mon envie, mon besoin de clarification.
J’ai un esprit critique. J’ai une approche sceptique de la réalité, étant quelqu’un de rationnel.
De part mon ignorance face à certains aspects complexes de la Science, je dois lui faire confiance, et non croire en elle, comme j’ai pu l’écrire avant. Elle n’est pas une croyance, elle est bien plus que cela : elle est la meilleure méthode pour comprendre la réalité.

Je voulais expliciter cette clarification de ma philosophie : la Science est le meilleur moyen d’atteindre la vérité. Je suis rationnel et cartésien. La philosophie est nécessaire, et poursuit le même but, explorant certains domaines qui échappent à la Science dure (la morale par exemple). L’art permet de réfléchir sur les émotions, et de les partager. Il fait réfléchir, c’est l’essentiel. Sur les émotions, certes, mais il ne consiste pas à se laisser uniquement guider par elles. On peut réfléchir sur elles a posteriori, afin d’évaluer leur légitimité, ce que j’essaie de faire. Il s’agit d’adopter une approche rationnelle de la subjectivité de l’art.

Je tiens à préciser que cela n’a rien à voir avec des croyances New Age empiriquement fausses voir absurdes et aberrantes. Jamais on ne devra détourner mes thèses comme cela. Mes définitions de la Nature et de l’Univers sont fondées sur la Science et la Philosophie. Elles permettent même d’aborder la notion d’émotions avec un raisonnement rationnel.
Je cherche uniquement la vérité, en m’appuyant sur la réalité factuelle. Si une de mes idées semble en contradiction avec la réalité, c’est soit que vous ne l’avez pas correctement comprise, soit que je me suis mal exprimé, voir que je me suis trompé.

Je dois reconnaître que ce texte développe peu les idées qu'il évoque. Il s'agit en réalité de notes rédigées, et non d'un réel essai de réflexion, d'où sa structure confuse. Il sert à cristalliser mes idées et opinions sur ce sujet, sans chercher à entre en profondeur, ce que j'espère faire prochainement.

A bientôt. 

vendredi 29 novembre 2019

Point de rupture en musique

Bonjour.

Voici un texte que j'ai écris récemment. J'en suis relativement insatisfait, n'arrivant pas à exprimer et structurer mes sensations et émotions en ce qui concerne ce sujet très précis. Voici malgré le texte en question:

Il est très difficile de comprendre ses goûts. Pourquoi aime-t-on quelque chose ? Qu’est-ce qui provoque ce sentiment, cette sensation, cette émotion ? Il semble évident que nous n’ayons que très peu de contrôle sur nos ressentis sentimentaux. Nos goûts peuvent prendre appui sur notre histoire et notre background culturel, mais ils semblent venir de notre inconscient. Afin de mieux se connaître, il me semble donc intéressant de se questionner à ce sujet. Toute introspection est salutaire.
Dans ce texte, je vais me focaliser sur un point très précis de mes goûts musicaux. Je vais essayer de comprendre, ou de moins de décrire, pourquoi certaines œuvres musicales me touchent profondément. Pourquoi elles me donnent des frissons ? Pourquoi elles me provoquent tant d’émotions ?
Les chansons qui me donnent le plus de frissons à ce jour sont les suivantes : Black Diamond (Kiss), Manitoumani (-M-) et Pro Memoria (Ghost). Bien sûr, plein d’autres chansons ou extraits de chansons me donnent des frissons, ou du moins me plaisent beaucoup. Je suis un passionné de musique, élément central de ma vie. Ainsi, la musique est un élément fondamental de mon quotidien, et une source d’émotions variées et puissantes. Il est également important de préciser que ces émotions peuvent avoir des sources très variées dans la musique. Plein d’aspect de celle-ci peuvent m’émouvoir. J’écoute des musiques très différentes les unes des autres. Il est donc certains que plusieurs choses provoquent différentes émotions. Dans ce texte, je vais développer une seule source d’émotion.
En effet, une des caractéristiques de la musique qui me donne le plus d’émotions est le point de rupture. Il s’agit d’une sensation difficilement quantifiable. Pour moi, le point de rupture musical est atteint lorsque l’on sent que l’artiste s’approche de sa limite, qu’il la chevauche. Il est à deux doigts de craquer, on sent qu’il est au bout. Il est alors un équilibriste qui bascule. Va-t-il tomber, ou va-t-il réussir à se redresser ?J’adore cette sensation. J’aime que la musique soit fragile, que le musicien aille au bout, qu’il atteigne sa limite. J’aime avoir l’impression qu’il est proche de la rupture, que s’il continue, il va s’écrouler. J’aime la fragilité, la finesse, la subtilité. J’aime avoir l’impression que la musique est chancelante. J’aime croire que l’artiste se surpasse, quitte à être à la limite de la rupture. L’artiste va tellement loin qu’il est à la limite de jouer faux. La guitare d’Hendrix ou de Van Halen me donne cette impression, comme si elle dansait sur ce fil. Le jeu d’Eric Carr me paraît sauvage, comme s’il commençait une phrase rythmique sans savoir où aller, et qu’il se rattrapait en vol. J’aime ces jeux qui me donne l’impression d’une liberté absolue. L’artiste tente des choses, repoussant sa limite, et flirtant avec l’effondrement. Bien sûr, ces musiciens maîtrisent leur instrument, ils ne sont pas réellement en « danger ». Mais j’aime cette illusion, j’aime ressentir ce point de rupture. J’aime avoir l’impression que l’artiste atteigne sa limite, voir la dépasse. Je préfère souvent cela à des musiques bien plus rigides, rythmiquement et harmoniquement bien plus solides, mais du coup moins émouvantes, moins imprévisibles.
Bien sûr, il ne s’agit que d’un aspect de la musique, et je peux être touché par une multitude d’autres aspects. Mais le point de rupture du musicien est ce qui me donne le plus de frissons.


A bientôt.

vendredi 1 novembre 2019

Double existence émotionnelle de la musique

Bonjour.

Voici le dernier texte de cette série que j'ai écrit récemment. Il s'intéresse à la musique et à ses différents plans d'existence.

La musique est une expression personnelle. En tant qu’artiste, la musique est pour moi profondément intime. Elle est essentielle à ma vie. Je ne conçois pas mon existence sans la création artistique. Elle est nécessaire, ne serait-ce que comme catharsis. Elle m’aide à combattre mes démons en les emprisonnant sous forme d’art. Il s’agit presque d’un devoir cosmique. Il s’agit de mon rôle dans l’existence. Je dois créer, tel est le but de ma vie. Même lorsque je créé du divertissement, des mélodies légères aux paroles inoffensives, il s’agit d’expression personnelle. Je dévoile le plus profond de mon être, sans aucune pudeur. Je peux être grave ou léger, d’où les multiplicités de ton de mon art. La seule constante est la suivante : la musique que je compose est intime. Elle dévoile mes plus profondes pensées. Elle dévoile mon intimité. Elles sont le meilleur témoin de qui je suis réellement. Elle sont mon moyen d’expression. La musique que je créé est le support de mes émotions. C’est pourquoi la musique appartient avant tout à l’artiste : il s’agit de l’expression de ses émotions et de son être intime et profond.
Si je ne dévoile pas la plupart de la musique que j’écris (étant beaucoup trop prolifique pour concrétiser publiquement tout ce que j’imagine), il me semble indéniable que la finalité de l’art est d’être partagé. La scène est le but ultime de tout musicien. Il s’agit de dévoiler son art aux autres, et donc finalement de dévoiler son intimité profonde. Il s’agit d’exister tel que l’on est vraiment. Il s’agit de montrer aux yeux de la société ce qu’on est réellement. Ainsi, la scène est un partage d’émotions. La musique devient collective lorsque l’artiste la partage. Il dévoile et partage au monde ses émotions, en espérant qu’elles résonnent chez d’autres êtres. Il s’expose à vif. Si la musique est personnelle en tant qu’expression de la sentience de l’artiste, sa finalité est d’être collective en tant que partage d’émotions.

Il me semble que ce que je décris pour la musique est valable pour l’art en général. Je parle de la musique car c’est l’art principal que je pratique. Je vous dévoile donc mon point de vue subjectif d’artiste.
Il est cependant également intéressant que j’adopte aussi le point de vue de l’audience. Comme tout être, je suis confronté à la création d’autres artistes. Je peux donc témoigner du rôle réceptif dans le partage de l’art. Beaucoup d’œuvres artistiques (et particulièrement musicales) résonnent en moi. Ces créations me touchent émotionnellement, m’inspirent, et me dévoilent l’intimité d’autres artistes.
L’art est une communication. Le message est certes écrit par un expéditeur qui peut décider de le garder pour soi, mais c’est en étant reçu par un destinataire qu’il peut voir sa force décuplée. Malheureusement, tout message n’est pas forcément compris ni accepté par son audience…

A bientôt pour d'autres réflexions sur ce blog!

La place de l'artiste dans la société

Bonjour.

Voici un texte traitant de la condition d'artiste.

Je me considère comme étant un artiste. Pour moi, il s’agit d’un façon d’être, et une façon de percevoir le monde. Personnellement, je pense être un artiste romantique. De ce que je sais de ce mouvement artistique, il semblerait que j’en partage la vision du monde, du moins en grande partie. Beaucoup des thèmes qui m’inspirent sont romantiques : le rêve, le fantastique, le mystère, l’amour, la mort, etc. La différence majeure entre le mouvement romantique et ma vision artistique est la suivante : le romantisme privilégie l’émotion à la raison. Si l’émotion a une place essentielle dans mon œuvre et dans ma façon de voir la vie, la raison est également importante. Pour moi, les deux sont liées et sont plus puissantes ensembles que hiérarchisées.
J’ai souvent évoqué ce qu’est la condition d’artiste pour moi. Bien évidemment, j’évoque avant tout la façon dont je perçois ma propre condition d’artiste, développant des réflexions subjectives. Il me semble cependant que ma conception de la condition d’artiste est en adéquation avec ce que vivent et ce qu’ont vécu d’autres artistes.
Pour moi, si la vie d’artiste est un don précieux, c’est aussi un fardeau. La création artistique est source d’angoisse. Être un artiste exige une conviction profonde. C’est une magnifique façon de ressentir et de penser le monde, mais c’est aussi une porte vers la folie et l’isolement. J’adhère à la condition d’artiste maudit, mais plus encore, d’artiste solitaire. Il est difficile, voir impossible de trouver d’autres humains comprenant ce que je ressens. Je me sens effroyablement seul dans ma façon de percevoir le monde. Avoir un don créatif unique est une bénédiction en soit, mais il s’agit d’une malédiction en tant qu’être social. Dans notre société moderne, la condition d’artiste n’est pas reconnue. L’artiste est au mieux inconsidéré, au pire moqué et rejeté pour ses différences.
Ainsi, pour survivre, un artiste doit faire des compromis avec sa nature profonde. Il doit s’intégrer à la société, et se forcer à être un humain à peu près comme les autres. Il doit travailler pour vivre. Ainsi, il sacrifie sa vie, sa raison d’être, sa nature profonde, afin de survivre dans notre société. Plus encore, il sacrifie son temps. Il ne vit donc pas pleinement la vie qu’il devrait vivre. Par essence, il est persécuté. Son existence n’est que frustrations.
Pour moi, la société devrait faire vivre les artistes. Un artiste devrait pouvoir se consacrer pleinement à son art et à son œuvre. Même le repos de l’artiste est salvateur pour sa créativité. Cependant, la société moderne conçoit une telle vie comme étant parasitaire. C’est du moins ce que je perçois personnellement.
Bien sûr, une société moderne permettant aux artistes de vivre ferait face à de nombreux abus. Beaucoup de gens se diraient artiste juste pour vivre sur le dos de la société. Il me semble difficile de prouver la nature profonde d’un artiste. C’est une façon d’être qui se ressent. Or, il est compliqué d’attester de la véracité des sentiments que confient une personne. Les humains mentent. Ainsi, un monde moderne prenant soin de ses artistes semblent n’être qu’une utopie.
Si les artistes méritent d’être mieux considérés, ce n’est peut-être pas ce dont ils ont besoin. La persécution et la survie sont des terreaux à émotions qui nourrissent la créativité. Un artiste maudit est un artiste profond, qui vit le monde intensément. Peut-être est-ce l’essence de la condition d’artiste que d’être socialement oublié. Peut-être que l’artiste n’en serait plus un s’il pouvait vivre pleinement dans la société, et ne plus être condamné à la survie.
Pour moi, un artiste est un guide, un être presque "supérieur" dans sa façon de voir le monde de manière sensible et rationnelle. Il s’agit du stade le plus avancée de conscience et de sentience de l’humanité, ne pouvant amener que progrès moraux et philosophiques. Il faut penser, il faut ressentir, il faut réfléchir, et se remettre sans cesse en question. Il faut progresser, s’améliorer, et se dépasser. Les artistes maudits, solitaires, torturés, sont plus que des guides. Ce sont des visionnaires.

Transe musicale

Bonjour.

En tant que musicien, il m'arrive d'entrer en transe lorsque je joue de mon instrument. Je me suis donc intéressé à la question, aboutissant à ce court texte de réflexion. 

L’expérience que je ressens lorsque je joue de la batterie en concert est proche de la transe. Ce que je vis semble correspondre à cet état. Bien sûr, je ne ressens pas systématiquement cela. Les conditions doivent être optimales. Lorsqu’elle le sont, même lorsque je joue seul, je rentre dans un état particulier, faisant corps avec mon instrument, ne pensant plus, mais ressentant les choses. Ainsi, il me semble intéressant de réfléchir à ce qu’est cet état de transe, en particulier d’un point de vue subjectif. Je vais donc réfléchir à mon ressenti quant à cette transe musicale personnelle.

Pour moi, être en transe signifie être dans un état de conscience particulier. On ne pense plus, on ressent les choses. On dépasse sa conscience, afin d’atteindre son instinct. La pluralité des transes vient très probablement de la pluralité des instincts.
Il s’agit de ce que je ressens lorsque je me laisse aller en jouant de la batterie (n’hésitez pas à lire les textes où je décris plus en détails ces sensations). Pour moi, cet état de transe permet de me connecter à mon moi profond et essentiel, à mon instinct, et donc à ma place symbolique dans l’existence. Il est cependant intéressant de se questionner à ce sujet. Il peut sembler paradoxale d’atteindre un tel état instinctif à travers une activité culturelle et intellectuelle. C’est oublier le statut particulier de l’art, qui consiste à lier conscience et sentience. La logique tangible de l’art n’est que le support de la charge émotionnelle qu’il procure, d’où la possibilité de toucher à l’instinct via la rationalité.
En musique, la transe ne peut venir que de l’improvisation. Il faut cependant une solide base théorique afin de ne pas tomber dans la cacophonie. Il faut maîtriser la grammaire avant de chercher à écrire de la poésie. La connaissance instinctive du support permet justement cette transe. Le but pour atteindre la transe est de se dépasser, en improvisant. Il faut certes s’appuyer sur les règles, mais afin de les utiliser pour aller plus loin. Les règles font parties de l’instinct. Avant de bondir face à un danger, l’animal apprend à marcher. Plus on maîtrise le support théorique, mieux on peut le dompter. C’est en connaissant profondément un morceau de musique que je suis suffisamment à l’aise pour improviser dessus, et donc potentiellement atteindre un état de transe musicale. Même sans improviser, connaître un morceau au point de le graver dans mes muscles me permet de me laisser aller, de juste profiter du plaisir de jouer ce morceau, sans concentration intellectuelle. Je m’abandonne alors à la transe, laissant mon corps et mon instinct prendre le relais.

Et vous, ressentez-vous parfois ce genre d'état ? 

Ignorance et croyance

Bonjour.

Voici une petite réflexion qui s'intéresse au lien entre ignorance et croyance.

L’ignorance est le terreau de la croyance… En tant qu’humains, on ne supporte pas qu’il n’y ait pas d’explication. L’inconnu nous est inconfortable. Ainsi, face à quelque chose qu’on ne peut pas expliquer par la logique, on imagine une explication, ne pouvant s’accommoder du mystère. La croyance commence là où s’arrête la connaissance. L’ignorance est le terreau de la croyance, que ce soit en une religion, ou en la science !
Cette dernière est bien trop grande pour être exhaustivement connue par un seul homme. Il est impossible de détenir en intégralité la connaissance de l’humanité. Cela implique la nécessité de croire en la science. La connaissance est la fin de la croyance. Ainsi, comme notre connaissance de l’univers est limitée, la croyance est-elle obligatoire ? Même en étant conscient de notre ignorance, il faut croire en la cohérence entre cette ignorance et notre connaissance. Un but noble à accomplir est de réduire cette croyance, ou du moins de la rendre la plus logique possible, la plus en adéquation avec nos connaissances, et donc avec la science.
On est entouré d’ignorance, de zones d’ombres. On connaît si peu de choses, à tous les niveaux d’existence, partout autour de nous… La réalité même nous est impalpable… On croit en notre existence et en ce qu’on voit, ce qu’on ressent. Finalement, même la persuasion de cette existence est ténue… Si on y réfléchie du moins, car la plupart des gens ne semblent pas se poser la question. C’est compréhensible, car il est difficile d’affronter la vérité : toute notre réalité semble reposer sur des bases chancelantes. L’évidence peut être trompeuse. Il est plus facile de vivre passivement, sans se poser de questions. Mais pour moi, si la réflexion est un fardeau, elle permet au moins de vivre activement dans notre réalité, donnant du sens à la vie, ou au moins l’espoir d’atteindre un plus haut niveau de sentience et de conscience.
Même si la connaissance repose sur la croyance (après tout, il faut croire que tout ce qu’on perçoit, que tout ce que l’on sait, que tout ce qu’on imagine être la réalité est vrai), il faut à tout prix chercher à approfondir cette connaissance, via la science, la philosophie et l’art, afin de limiter au maximum la croyance. Il faut être actif face à la réalité. Il faut se questionner, s’informer, s’instruire, et ainsi progresser.

J'ajouterais juste à ce texte une petite précision. Si la Science demande de la croyance, elle est très différente des religions. Elle repose avant tout sur les faits, et sur la réalité. Elle est empirique. Elle fonctionne avec la réalité. Elle cherche à expliquer l'univers, à révéler la vérité, et non à accommoder la vérité à une croyance. C'est en ça qu'elle est la source de savoir la plus fiable. 

L'imaginaire est essentiel

Bonjour.

Voici un texte qui traite de l'imaginaire, et de son importance pour la vie consciente.

L’imaginaire est essentiel. Il permet de faire face à la morosité de la réalité. Il permet de supporter notre vie.
Le constat est simple à faire. Il suffit de comparer notre vie à celle des imaginaires qu’on appréhende. Pour l’essentiel d’entre nous, nos vies ne sont pas palpitantes. Certes, le bonheur est accessible, à travers les petits plaisirs de la vie, la réalisation des désirs, voir l’épanouissement dans une passion. Mais il est indéniable que nous envions nos imaginaires. La vie est source de frustration. La réalité est dure et morne. Il faut se battre pour s’épanouir. Il s’agit certes d’une aventure, mais qui semble dénuée de sens. Nos imaginaires sont colorés, et gorgés d’aventures. Ils sont palpitants. Ils relèvent du rêve, et donc du fantasme. Ils présentent une version idéalisée de nos vies.
Se plonger dans un imaginaire, aussi sombre soit il, c’est s’égarer, c’est s’échapper, c’est s’évader. C’est fuir la réalité.
Qu’importe l’imaginaire, lorsqu'on y entre, on est le héro. On est au centre de l’histoire. L’aventure est rarement vaine, il y a toujours une leçon à tirer, on s’en sort grandi. Rien n’est plus faux pour la réalité.
La plupart d’entre nous ne sommes que des poussières égarées dans l’univers. Face à l’immensité, nous ne sommes rien. Nous sommes vains face au temps, face à l’infini, face à l’existence. Nous ne sommes à peine que des rouages d’une gargantuesque machine. Nous ne sommes qu’une goutte d’eau dans l’océan. Qu’un grain de sable dans le désert. Et pour la plupart d’entre nous, nous sommes insignifiants. Nous ne laisserons aucune trace dans l’histoire. Nous ne pouvons que prétendre nous battre pour notre survie, notre bonheur, et éventuellement celui de notre entourage proche. Nous sommes loin d’être au centre de l’histoire. Il y a rarement un autre aboutissement à la vie que la mort et l’oubli.
Ainsi, face à cette réalité vaine, l’imaginaire est un échappatoire. Il permet d’oublier notre condition futile, et permet de rêver. Même lorsqu’on imagine notre propre vie, on la fantasme, l’idéalise. Surtout, on revient au centre de l’histoire, là où on ne l’est jamais en réalité. On observe la réalité de notre point de vue interne, mais on n’incarne jamais le centre de l’histoire. On subit le destin, qui n’est que le déroulement de la réalité, dont on n’arrive même pas à appréhender la surface.
L’imaginaire est donc le moyen de survivre à la vie. S’il ne lui donne pas de sens, il permet au moins d’oublier pour un instant la futilité de l’existence.

Si je décris la vie, la réalité comme étant morose, elle est loin d'être dénuée de beauté. Comme je l'ai précisé avant, pas besoin de mythes et légendes pour trouver de poésie dans la nature. L'existence même est magnifique. Grâce à science, on peut lire et comprendre l'univers, source de beauté infinie. Malheureusement, notre réalité quotidienne est bien morne dans notre société actuelle, d'où l'importance de l'art, de l'imaginaire et de la capacité à voir la beauté cachée de la réalité. 

Attirance

Bonjour.

Voici le premier d'une série de 6 articles qui vous dévoilent les textes que j'ai écrit ce dernier mois. Ce premier texte traite de l'attirance.

Pourquoi ressent-on de l’attirance pour quelque chose ou quelqu’un ? Je vais énoncer quelques éléments de réflexion à ce sujet, sans tenter de répondre exhaustivement à cette question.

En effet, un des premiers points à souligner est la non universalité de l’attirance. La seule règle universelle de l’attirance est qu’il n’y a pas de règle universelle ! Les humains possèdent des psychés différentes qui entraînent donc des goûts et désirs différents, et donc des attirances différentes. Il peut être intéressant de se poser la question des causes possibles provoquant certaines attirances, comme le background culturel, social et familial. Je ne vais cependant pas entrer dans ce genre de réflexion loin de relever de mon domaine de compétences. La seule idée importante à retenir, comme point de départ, est le fait qu’on est tous attirés par des choses différentes.
Ainsi, je vais me focaliser sur quelques points précis, quelques parties du problème, en gardant en tête que le sujet est bien plus vaste que ce que j’aborde ici.
Il me semble intéressant de souligner qu’on ressent de l’attirance pour ce que l’on n’a pas. L’attirance est le désir d’une chose que l’on ne possède pas.
Un des sous-ensembles de ces choses que l’on ne possède pas est l’ensemble des choses que l’on ne peut pas posséder. Je vais donc dans cette modeste réflexion me focaliser sur l’attirance envers ce que l’on ne peux pas avoir. Il semblerait que l’impossible (ou du moins l’improbable, le difficilement possible) soit une source qui nourrit l’attirance des hommes. L’attirance est d’autant plus forte que l’est l’impossibilité d’avoir l’objet de notre désir. Cela vient peut-être du sentiment potentiel de puissance ressenti lorsque l’on parvient (ou parviendrait) à franchir cet impossible, et qu’alors on arrive à posséder notre objet de désir. Plus dure est la tâche, plus gratifiante est la récompense.
Il est intéressant de se questionner sur les raisons de cette attirance pour l’impossible. Une des formes de cette attirance est l’attirance pour l’interdit. Il semblerait que beaucoup d’humains se sentent attirés par la transgression. Briser l’interdit attire, l’humain aimant se sentir libre et puissant. Il y a une multitude d’exemples montrant l’intérêt des humains pour la transgression. Plein d’histoires et d’événements découlent de cette attirance pour des choses interdites.
Il faut alors se questionner sur la nature de cet interdit. Il peut s’agir d’interdits sociaux, l’attirance prenant ici par exemple la forme d’un amour entre deux personnes de castes sociales tellement différentes qu’elles rendent leur amour impossible au sein de la société. La pression sociale est telle que leur attirance est interdite, impossible, et que la réussite de l’union de ces personnes, de la concrétisation du désir de l’attirance, est une victoire improbable. Ce genre d’histoire passionne, mais semble appartenir au passé. S’il subsiste malheureusement des tabous et obstacles quant aux rangs sociaux des protagonistes, il ne s’agit plus d’interdits formels. Beaucoup d’attirances qu’on juge impossibles, interdites, sont simplement difficiles, rejetées, et au pire jugées immorales (ce qui pose la question du bien fondé de cette morale).
Ainsi, il est intéressant de se focaliser sur les interdits réels, qui correspondent à la loi. L’interdit devient l’illégal. La question de la morale revient. Les lois défendent-elles la morale ? Certaines lois sont-elles morales ? C’est un sujet vaste de réflexion.
En ce qui concerne l’attirance, dans un contexte sexuel, il est intéressant de se pencher sur les déviances sexuelles qui sont illégales. Un exemple évident de déviance sexuelle illégale permettant d’illustrer cette réflexion est la pédophilie. Comment expliquer l’attirance sexuelle de certaines personnes pour des enfants ? La transgression est-elle la seule explication ? Ou est-elle juste une conséquence d’une attirance bien plus instinctive ? Un pédophile est il attiré par un enfant car c’est un enfant, ou également car cela est interdit, et donc cet interdit l’excite ? Et pourquoi cela est-il interdit ? Imaginons que les relations sexuelles avec des enfants soient légales. Cela serait-il moral ? Il est clair que le consentement est la valeur clé permettant d’encadrer les actes sexuels et les déviances. Mais imaginons un enfant parfaitement conscient de ses actes, et consentant. Cela serait-il une déviance ? Notre dégoût et aversion pour la pédophilie répondent-ils à des impératifs instinctifs ou ne sont-ils que des conséquences de siècles d’histoire morale ? Il me semble essentiel de réfléchir à ces questions.

Quelles conclusions tirer de ces quelques éléments de réflexion ? Où voulais-je en venir ?
L’attirance touche à l’inconscient, à l’instinct. Cet inconscient se construit à partir du contexte social et culturel. Cependant, certaines attirances semblent contredire la morale de ce contexte, en titillant l’interdit, recherchant la transgression. Quelle est donc la part contextuelle dans l’attirance ? L’attirance n’est-elle qu’une construction culturelle, que ce soit dans le cadre de l’accepté que dans celui de l’interdit ?

Il est intéressant de noter que certaines attirances autrefois interdites permettent de faire évoluer la morale vers une acceptation plus juste des différences (je pense notamment à l’homosexualité).

Ces textes étant récents, je n'ai pas beaucoup de commentaire à y faire. Je manque de recul pour les approfondir. Je tiens cependant à préciser quelque chose au sujet de ce texte. Mon but n'est évidement pas de dédiaboliser la pédophilie. Je ne cherche aucunement à en réduire la gravité. Je l'ai juste pris comme exemple afin de réfléchir à la notion d'attirance. C'est un sujet sensible qui mérite de prendre beaucoup de précautions. Je ne vais donc pas répondre aux questions que posent ce texte, qui sont la base de réflexion intéressantes à mener. D'ailleurs, quel est votre avis à ce sujet ? 

dimanche 28 juillet 2019

Émotion musicale

Bonjour.

Comme le savez, la musique est vitale pour moi. Elle est au centre de mon être, et je ne vis que pour elle. Ainsi, il est normal que je réfléchisse à son sujet, essayant de mettre des mots sur les sensations qu'elle me procure. Le très court texte que je vous partage ici énonce un des aspects de la valeur sensible de la musique.

Je suis musicien. J’ai assez de bagage pour comprendre la musique, ou au moins pour théoriser beaucoup d’aspects de certaines compositions. J’ai accès à un certains degré d’abstraction musical.
Cependant, ce qui me touche en tant qu’auditeur puis en tant que musicien, c’est l’inconnu. Le fait de ne pas comprendre.
L’émotion est fondamentale en art. Si ce n’est pas systématique, il me semble qu’elle est quand même intimement liée à l’inconnu, l’impalpable. L’émotion peut venir de l’inconnu de la théorie, se laissant uniquement porter par  ce que l'on entend, sans être capable de « comprendre » ce qu’on entend (dans le sens d’abstraction selon la théorie musicale, car on peut comprendre une chanson sans cela, la musique étant le support d’un message, d’un sentiment, d’une émotion, d’une intention, etc). Une fois la théorie maîtrisée, l’inconnu subsiste. Même dans la théorie musicale, l’émotion vient de l’inconnu de l’interprétation… Voir même d’autres niveaux d’inconnus que je n’appréhende pas… Comme par exemple l’émotion que met l’artiste, le musicien, dans sa chanson, via sa composition, son interprétation…

Les plus belles choses sont celles qu’on ne comprend pas, qu’on ne peut analyser autrement qu’avec les émotions qu’elles nous provoquent !


Le principe de l'inconnu est essentiel pour moi. Il est lié à l'émotion, et c'est pourquoi il est si important en musique. Contrairement à ce que l'on peut penser, l'inconnu subsistera toujours. On peut savoir qu'une certaine suite d'accord provoque telle émotion. Mais on ne peut pas savoir pourquoi. C'est pourquoi la musique est et restera toujours pour moi "mystique" voir "magique". Elle transporte une sensibilité qui n'est pas explicable. Si elle est un support logique et cartésien, elle porte bien plus. Elle a une "âme". Ainsi, cette inconnue qu'est ce lien entre valeur  rationnelle et valeur sensible est fondamentale. Il confère un niveau supérieur de beauté. Il se cultive, et s'explore. Plus on acquiert l'une de ces deux valeurs, plus on est envoûté par la beauté profonde de ce lien. Les correspondances sont les plus belles choses de l'univers. Jamais la musique ne me sera démystifiée, car c'est sa nature même. 

Rébellion d'esprit

Bonjour.

Voici un court texte écrit récemment, qui dévoile un de mes traits de caractère. Il est important pour moi de verbaliser qui je suis au fond de moi, en opposition à ce que je laisse paraître.

J’ai toujours été un rebelle… Un rebelle d’esprit ! Pour être libre, et exister avec le moins de contraintes possibles, je me suis plié aux règles, me faisant discret. La stratégie est simple : ne pas se faire remarquer pour être tranquille. Mais je n’en ai jamais pensé moins ! Si je me fais discret, si je m’efface en société, mon esprit lui reste actif. J’ai toujours gardé mon esprit, mes pensées, mes convictions. Je me suis juste retenu de les exprimer à voix haute, afin d’éviter qu’on les maltraite… Je suis unique, seul, à part… Je suis une anomalie, un artiste… Je suis différent ! J’ai donc tout le potentiel dans cette société pour être rejeté et maltraité, ne serait-ce qu’incompris. J’ai depuis très longtemps le sentiment d’être seul contre tous, seul face au monde… Ainsi, la discrétion a été mon arme de prédilection, surtout que je n’aime pas le conflit. J’ai accepté de jouer le jeu, jusqu’à un certains point de rupture… Je m’adapte en apparence à la société, agissant comme elle le souhaite, mais en gardant mon esprit libre, rebelle… J’agis comme elle le voudrait, mais je ne pense pas comme elle le voudrait. Cette stratégie fonctionne jusqu’à un certains point, jusqu’au moment où je ne peux plus jouer à ce jeu sans mettre en danger mon esprit, et donc mon être. Je dois faire attention au moment où le jeu d’acteur commence à atteindre ses limites, au moment où le mensonge commence à prendre le pas sur la vérité… Je suis capable de dire stop au bon moment, je m’adapte pour mon salut… Je révèle un peu de moi pour changer de jeu, basculant d’un rôle social simulé à un autre, un brin plus sain. Je joue dans la société, car elle ne me conviendra jamais. Je sauve les apparences, je soigne la surface, acceptant ma différence mais la gardant pour moi. Je suis qui je suis, sans le montrer. J’ai accepté de jouer afin de gagner. Car malgré ces concessions, malgré ce jeu, je suis et serait toujours rebelle. Un rebelle d’esprit !


Je suis féministe

Bonjour.

Voici aujourd'hui un texte que j'ai écrit il y a quelques jours. Comme souvent, il traite d'un aspect de ma personnalité que je ne revendique pas. Je suis féministe, mais je ne le revendique pas. En effet, il s'agit d'une valeur tellement élémentaire pour moi qu'elle ne devrait pas nécessiter de questionnement. Malheureusement, comme je l'ai appris lors de mon adolescence, cette valeur n'est pas universelle. Ainsi, si le féminisme est naturel pour moi, il ne l'est pas pour tous. C'est d'autant plus complexe que cette valeur est souvent détournée de son vrai sens, d'où mon envie d'écrire le texte suivant:

Depuis ma plus tendre enfance, j’ai des valeurs qui sont immuables. D’aussi loin que je me souvienne, ces valeurs sont intrinsèquement liées à ma vision du monde. Elles viennent probablement du foyers dans lequel j’ai été élevé. Mais pour moi, elles représentent la vérité, la réalité morale. Une de ces valeurs phares est la tolérance. Pour moi, aucune différence entre les humains ne justifie une quelconque discrimination, que ce soit la couleur de peau, l’origine, l’identité de genre, l’orientation sexuelle, ou le sexe. Pour moi, on est tous qui on est et on a tous le droit d’être qui on est tel qu’on l’est. Aucune hiérarchisation n’est possible.
Ainsi, je suis profondément féministe. D’aussi loin que je me souvienne, l’égalité entre les hommes et les femmes était une vérité inaliénable. Avoir une conception différente n’était pour moi qu’un symptôme d’un manque d’intelligence ou d’une conviction morale déviante. Je parle au passé pour préciser que cette représentation morale a toujours fait partie de moi, mais elle est toujours vraie. Je suis toujours intimement convaincu de l’égalité entre les hommes et les femmes (ce qui est une simplification de la réalité). Je suis convaincu de l’égalité entre tous les êtres, ne serait-ce qu’humains.
Si j’écris ce texte, c’est pour clairement définir ma vision du féminisme, et la confronter à la complexité de notre monde et de notre société. Le féminisme est pour moi l’égalité entre les êtres humains sans distinction de sexe. Malheureusement, ce sens premier est bien souvent déformé.
Une des déformations qui me choque est l’utilisation du féminisme pour justifier un obscurantisme sexuel. Parler de la sexualité est souvent catégorisé comme une attaque contre les femmes. J’ai l’impression qu’aucun individu de sexe masculin ne peut parler de sexualité ouvertement sans se faire catégoriser de sexiste. Je le subis personnellement, en particulier à travers les paroles explicites de mon groupe de musique. Cela vient entre autres d’une mauvaise conception du désir sexuel. Avoir du désir envers une personne n’est en rien une insulte à l’égalité des sexes. Un homme a parfaitement le droit d’être attiré sexuellement par un femme. Ce n’est en aucun cas une attaque envers la liberté de chaque être, et encore moins une attaque envers l’égalité de tous les êtres. Deux variables doivent être analysées avant de conclure sur le caractère féministe ou non d’une relation ou d’une attraction sexuelle. La première, la plus évidente mais également la plus importante, est le consentement. Il est essentiel que les personnes impliquées dans une relation sexuelle soient consentantes. Malheureusement, cet aspect si important de la sexualité est souvent oublié. Pour moi, un des aspects du féminisme est l’acceptation des sexualités basées sur le consentement. On ne peut pas se dire féministe et en même temps dénigrer une femme qui aurait plusieurs partenaires sexuels. Une femme doit être libre de disposer de son corps comme elle le souhaite. Elle a le droit de le cacher ou de le montrer. Elle a le droit de profiter de la sexualité qui lui convienne. C’est la même chose pour tous les êtres. Il est malheureusement nécessaire de le rappeler. La deuxième variable à prendre en compte est la conceptualisation du partenaire sexuel, voir plus simplement du respect envers les autres êtres. Il faut traiter les autres êtres avec égalité et donc avec respect. Ainsi, il est évident qu’un homme qui considère sa partenaire comme un objet, de manière autocentré, ne se focalisant que sur son plaisir à lui, est sexiste. Mais si on considère ses partenaires sexuels comme des êtres nous étant égaux, dans toute leur complexité, alors il n’y a pas d’attaque envers le féminisme. Un homme peut être attiré sexuellement par une femme, sans la considérer comme un objet n’ayant que comme fonction de le satisfaire sexuellement. L’attraction sexuelle est bien entendu en premier lieu physique, mais ce n’est pas pour autant qu’il y a réduction de la personne désirée à son corps. C’est quelque chose de subtile qui échappe à beaucoup de personnes. Être attiré sexuellement par quelqu’un ne signifie pas qu’on la réduit à son corps. Cela signifie juste qu’on est attiré par son corps, et qu’on aurait envie d’une relation sexuelle avec cette personne (et pas uniquement avec son corps). Lorsque je suis attiré sexuellement par une personne, j’ai envie d’avoir une relation sexuelle AVEC elle. C’est la conceptualisation du sexe auquel je crois intimement. C’est pourquoi je la développe dans mes chansons. Certes, je parle de désir et d’attirance sexuels. Mais je considère tous les êtres, dont les femmes, comme des personnes, et non comme des objets de désir. Je suis pour la liberté sexuelle de chaque être, et pour que cette liberté s’exprime. La libération sexuelle, en particulier celle des femmes, est essentielle au féminisme. Pour moi, cela va de soit que chaque relation sexuelle doit être basée sur le consentement et le respect. C’est pourquoi je ne l’explicite pas forcément dans mes textes, car c’est pour moi une évidence, un background naturel. Ainsi, je conçois qu’une personne non attentive puisse penser que mes textes parlant de sexualité sont sexistes. Mais ces personnes se trompent, elles ne comprennent pas ma réelle vision des choses. Elles déforment mes intentions réelles, en greffant leur conception sur la mienne. Finalement, en voyant une attaque là où il n’y en a pas, je me demande si elles ne dénoncent pas une conception qui est finalement la leur, et non la mienne. Ainsi, dénoncer le sexisme là où il n’y en a pas peut même s’avérer sexiste. Si une personne dénigre mes textes prônant la liberté sexuelle, cette personne dénigre entre autres la liberté sexuelle des femmes, ce qui est clairement une atteinte au féminisme. Vouloir à tout pris censurer le sexe est une atteinte au féminisme. Il faut juste éduquer à une conceptualisation du sexe qui soit féministe.
Le féminisme est un sujet complexe. Si le principe de base est simple, la réalité est entremêlée à d’autres problématiques inhérentes à notre société, rendant le combat féministe difficile. Les valeurs féministes sont souvent déformées ou détournées, au point que certaines causes sont autant voir plus sexistes que ce qu’elles combattent. La libération sexuelle est un exemple parlant. La complexité de l’image en est un autre. On vit dans un monde superficiel et capitaliste qui utilise le désir sexuel comme argument de vente. Le problème n’est pas que le corps féminin est utilisé comme un objet de désir servant à vendre un produit. Le problème est que le corps d’une personne soit utilisé comme un objet de désir servant à vendre un produit. Bien évidemment, il faut combattre un sexisme évident qui privilégie le corps féminin comme argument de vente. Mais pour moi, il faut avant tout combattre l’utilisation de l’image d’un quelconque individu à des fins mercantiles. Il est certes plus facile de combattre des symptômes que la cause réelle, et je soutiens ces combats. Il ne faut juste pas oublier le problème de fond. Et surtout, il ne faut pas mal diriger le combat, ce qui serait contre-productif (l’exemple le plus parlant étant encore une fois la libération sexuelle).

Je suis féministe, et je l’assume. Je suis intimement convaincu de mes valeurs d’égalité, de consentement et de respect. Je suis cependant conscient de la subtilité de leur application dans la société, ce qui nécessite une remise en cause constante, afin de se convaincre que je ne produise rien de sexiste malgré moi.

Ce texte dévoile beaucoup d'évidences pour moi. Mais j'ai appris que ce qui m'est évident ne l'est pas forcément pour tout le monde, d'où mon envie de les verbaliser. 

mercredi 5 juin 2019

Fin ?

Bonjour.

Lorsque j'ai commencé ce blog, j'avais une multitude d'écrits philosophiques décrivant ma vision du monde... Ne les ayant jamais partagé, j'ai décidé de les diffuser sur ce blog, à raison d'un article par semaine. 
En parallèle de cela, j'ai bien sûr continué d'écrire mes idées et réflexions. Je dois cependant avouer que je suis loin d'écrire un texte par semaine, la création étant loin d'être régulière. Ainsi, inexorablement, le moment où j'aurais partagé tous mes textes allait venir. 
Ce moment est enfin arrivé. Je vous ai partagé tous mes écrits à ce jour.
Est-ce pour autant la fin de ce blog ? 
Non, car je ne compte pas m'arrêter d'écrire ni de penser. Ainsi, si le rythme d'un texte par semaine s'arrête, je continuerai de vous partager toutes mes réflexions écrites, au gré de leur création. 

A très vite j'espère...